Les grandes vacances de Jackie et du Viking

Les grandes vacances de Jackie et du Viking ont commencé le 8 mai dernier, à leur départ de San Francisco. Après un trop court séjour à Montréal, ils ont passé quelques jours à New York, avant de prendre le large vers le Royaume-Uni, où ils prévoient voir de belles choses et boire de la bonne bière tout l’été!

Nous sommes allés quelques jour à New York avant d’embarquer sur le Queen Mary 2, un paquebot qui relie New York et Southampton, dans le sud de l’Angleterre. Grâce à un rabais très avantageux de dernière minute, nous avons pu nous prélasser une semaine, logés, nourris et blanchis, pour presque le même prix qu’un billet d’avion, l’offre qu’on peut difficilement refuser lorsqu’on a le temps! Le décalage horaire est beaucoup moins violent, puisque l’heure avance d’une heure aux deux jours environ. Le Viking a eu un peu le mal de mer, moi, rien du tout, mais nous avons éprouvé tous les deux des épisodes de mal de terre très courts hier, après avoir touché terre!

Notre première journée en sol anglais a été bien remplie, nous avons été visiter Stonehenge, l’ancien site de la ville de Salisbury, Old Sarum, et la cathédrale de Salisbury, où se trouve l’un des 4 exemplaires de la Magna Carta, la grande charte signée entre le roi Jean et l’Église en 1225, qui consacre l’origine de la démocratie parlementaire et le principe que personne, même le roi, n’est au-dessus de la constitution et des lois d’un pays.

Nos premières impressions de l’Angleterre? Les transports collectifs sont de grande qualité, même dans une ville comme Southampton, qui a seulement 250 000 habitants. Il y a des bus aux 7 minutes, des trains régionaux aux 20 minutes, une signalétique facile à comprendre. Il y a deux universités ici, la ville a donc de nombreux pubs et cafés et semble bien paisible. Il a plu aujourd’hui, comme d’habitude!

Je vous raconterai plus en détails notre semaine transatlantique très bientôt!

 

Face A, face B

Je l’ai écrit dans le billet précédent, nous sommes en hôtel en attendant que la vente de notre appartement se règle, plus que quelques jours pour la vente! Nous avons accepté la semaine dernière une offre avec un délai de 10 jours de traitement, c’est extrêmement rapide!

L’hôtel a une face « A » et une face « B », comme nous connaissions l’endroit, nous le savions, mais peut-être que certains touristes sont surpris.

Face B:

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Une marina, des bateaux; des oiseaux aquatiques aussi variés que des cormorans, des goélands, des foulques, des canards, des pluviers, des hérons, des bihoreaux voguent sur l’estuaire.

Face A:IMG_20170316_140150

Une belle autoroute!

De notre chambre, nous avons une vue exclusive du futur site de Brooklyn Basin, un nouveau quartier dont la construction doit commencer bientôt. Il y a au moins une rue de tracée et de superbes lampadaires, c’est tout pour l’instant:IMG_20170329_160930

Le site devrait avoir l’air de ça dans quelques années:

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Selon le site Web du projet, la moitié de la superficie sera transformée en espaces publics, notamment des parcs. Une navette permettra aux résidents d’aller à la station de métro le plus près. C’est une site qui a du potentiel, surtout si les hautes tours font suffisamment écran pour noyer le bruit blanc de l’autoroute.

Un beau projet qu’on verra peut-être un jour en touristes!

Partir

Depuis deux semaines que nos affaires sont en route vers Montréal, le Viking et moi avons un nouvel environnement. Nous sommes dans un hôtel d’Oakland en attendant que la vente de notre appartement se règle (la date limite pour recevoir les offres est mercredi prochain!), ce qui exige généralement un mois pour toutes les formalités une fois que nous acceptons une offre.

Il va falloir se muscler les poignets, parce que contrairement au Québec, où l’achat d’une propriété et l’acceptation d’un prêt hypothécaire n’exigent que la signature de quelques formulaires, ici, c’est tout le contraire. Je me souviens que lorsque nous avions acheté l’appartement, la pile de formulaires était presque aussi épaisse qu’un bon vieux bottin des Pages Jaunes de 1999. Le pire dans tout cela, c’était l’inégalité du travail: le viking avait davantage de signatures que moi à apposer sur les documents, car si nous sommes tous deux propriétaires, il est le seul emprunteur pour l’hypothèque. Comme il n’y a pas de notaires ici, tout le travail est fait par des entreprises privées. Aux États-Unis, qui dit entreprises privées dit « peur de se faire poursuivre », alors c’est la multiplication des signatures pour signifier qu’on a compris ceci, accepté cela, etc.

Je vous entend penser, « Ils sont à l’hôtel, ça doit coûter cher! » Oui, c’est cher, mais c’est cher avec des services! Nous avons d’abord regardé pour louer un studio à 2800$ dans notre quartier, pour se rendre compte que c’était pas un studio mais une chambre chez quelqu’un! Les autres véritables studios sont loués de 3000 $ à 4000 $ et il avait souvent quelque chose qui manquait, même à ce prix: soit il n’y avait pas de bureau pour que je puisse travailler, soit il n’y avait pas de table de cuisine, parfois il n’y avait ni bureau, ni table. C’est peut-être suffisant pour des touristes pour quelques jours, mais pas pour deux mois. Ici, il y a l’internet, le ménage une fois par semaine, un stationnement, un gym, le petit-déjeuner est compris tous les jours et il y a des repas et des apéros le soir du lundi au jeudi, ainsi qu’une navette gratuite pour aller au centre-ville ou au métro. Et après 31 jours nous sommes considérés « résidents » et la taxe hôtelière ne s’applique pas. Nous savons que cet investissement sera largement récupéré au moment de la vente, puisque sans valorisation immobilière, nous n’aurions pu exiger un prix plancher comme celui là.

Pour les curieux, la visite virtuelle de notre appartement est ici. Ce sont des meubles loués pour l’occasion.

Tous les palmiers…

…. tous les bananiers vont pousser pareil quand je serai parti… (Pour le reste de ce grand classique de Beau dommage, cliquez ici!)

Oui, le Viking et moi on a décidé de laisser les palmiers pousser tout seuls ici. Nous vendons notre appartement en mars pour quitter la région en mai. Après une escapade estivale au Québec, au Royaume-Uni et en France, nous allons rentrer à Montréal en septembre.

Adieu, les palmiers! Adieu, ciel bleu d’été! Adieu, Californiens démocrates qui mangez sans gluten! Adieu, burritos déjeuners!

Bien sûr, laisser derrière nous des connaissances et amis est difficile. Après quatre ans, je commençais vraiment à avoir une vie intéressante ici. Mais, le Viking et et moi avions toujours dit qu’on allait prendre notre séjour ici une année à la fois, sans pression. Et surtout, le Viking était catégorique: « je » l’avais suivi, quand « je » serai tannée, on allait repartir. Mais, notre décision a été conjointe et solidaire. Depuis, il est fébrile, elle est un tantinet triste, mais ils ne regrettent rien. Comme je l’ai déjà écrit, contrairement à des millions de gens dans le monde, nous avons la possibilité de retourner dans un pays, un province, une maison. Nous sommes privilégiés d’avoir pu vivre ici quelques années, comme nous sommes privilégiés de pouvoir rentrer au Québec.

 

Les États-Unis du racisme et de la peur

Nous avons eu la preuve en fin de semaine que le Québec et le Canada font partie des « États-Unis de la peur et du racisme ». Cet acte de de terrorisme à Québec est injustifié, dégoûtant et méprisable.

J’ai lu que le suspect, Alexandre Bissonnette, admirait Trump, Marine Le Pen et a été un cadet de l’armée. Cela m’a rappelé de mauvais souvenirs; à l’adolescence, j’avais des amis qui étaient des cadets de l’armée de l’air. Il y avait dans leurs collègues 2 ou 3 néo-nazis, qui, à 16 ans, avaient donc hâte de s’enrôler dans la vraie armée lorsqu’ils auraient 18 ans pour avoir une chance d’aller tirer du fusil quelque part (ils n’avaient pas l’air de comprendre les subtilités du programme des casques bleus de l’ONU, un programme de maintien de la paix, qui était à l’époque le seul moyen pour les soldats canadiens d’utiliser leurs armes en dehors d’un champ de tir).

Je ne dis pas que les cadets de l’armée regorgent d’adolescents troublés prêts à tirer sur autre chose qu’une cible, mais l’existence de ce véhicule de propagande de la militarisation et de l’accès aux armes m’a toujours déplu. Cette tragédie ne me fera pas changer d’idée. Comment un homme peut-il passer de l’intolérance intellectuelle à la violence armée spontanément? Son action a probablement été nourrie depuis longtemps par une colère dirigée contre « les zautres » (il aurait été victime d’intimidation à l’école primaire et secondaire), les « étranges » et les « féminazis » (les féministes); elle a trouvé un vecteur d’expression dans l’élection de Trump et l’ambition présidentielle de Marine Le Pen en France.

J’ai moi aussi des préjugés sur bien des gens, mais j’ai aussi le préjugé favorable que tous les humains sont égaux et que personne n’est illégal. C’est difficile pour moi de voir un gouvernement ériger la discrimination en système. Et de voir que cette discrimination servira d’excuse pour commettre encore plus de d’atrocités.

Ne pas se fier aux apparences…

Les collines d’Oakland regorgent d’habitations, qui, à première vue, ont l’air ordinaire. En voici un exemple représentatif:

Devant:

On voit très bien sur la photo le lac Merritt d’Oakland et la baie de San Francisco derrière.

Voici l’arrière de la même maison:

Oh grand-mère, que tu as une grande demeure!

Pour les curieux, allez voir le diaporama complet, ici. C’est un manoir, que dis-je, un palais! À San Francisco pour la même somme, vous avez un placard à balais en guise de chambre… Vous ne me croyez pas? Allez voir ici une maison qui à presque le même prix, a besoin de travaux, et une autre qui a l’air de rien, et dont la salle de bain ressemble à celle de bien des maisons de Rosemont.

Voir LiLou…

Demain très tôt, le Viking et moi partons pour Montréal, où nous serons jusqu’au 8 janvier.

J’ai bien peur que ce ne soit trop tôt avant le quart de travail de LiLou, une petite truie formée en zoothérapie pour calmer et amuser les voyageurs de l’aéroport de San Francisco.

Elle fait fureur, tellement qu’hier, encerclée d’admirateurs elle a eu peur et s’est enfuie, la pauvrette. Après s’être remise de ses émotions en mangeant des Cheerios, elle a repris le travail….

LiLou spins in her tutu for a group of residents at S.F.’s Se quoias se nior cen ter. LiLou is the therapy pig at San Fran cisco Inter na tional Airport. Photo: Kathleen Duncan / The Chronicle

Photo: Kathleen Duncan / The San Francisco Chronicle

Incendie et désespoir

Le vendredi 2 décembre, un entrepôt transformé en ateliers et résidences d’artistes a été la proie des flammes dans le quartier Est Oakland. Les pompiers, arrivés sur les lieux en trois minutes, n’ont pu entrer dans l’immeuble. C’était vendredi soir, 23 h 15, une soirée de musique électronique avait lieu. Trente-six personnes ont péri dans l’incendie, des jeunes de 17 à 36 ans, et c’est l’incendie le plus meurtrier de la région depuis les incendies qui ont suivi le tremblement de terre de 1906 à San Francisco. Depuis la semaine dernière, pas une journée ne passe sans qu’on apprenne des détails tous les plus terribles les uns que les autres sur cet entrepôt et sur la négligences des autorités.

Artistes, logements, embourgoisement

L’entrepôt était loué depuis plusieurs années à un couple d’artistes avec trois enfants. Quand on sait qu’un appartement de deux chambres se loue au moins 3000$, il est facile de comprendre le calcul du couple: on va louer cet entrepôt et le sous-louer à de nombreuses personnes pour payer le loyer et se faire des sous. Artistes, jeunes et moins jeunes payaient de 500 $ à 1500 $ pour avoir le privilège d’habiter un lieu insalubre, sans chauffage, à l’électricité bricolée. Au moment de l’incendie, le rez-de-chaussée de l’entrepôt était remplis de plusieurs VR, où vivaient ces locataires. À l’étage avait lieu la soirée où DJ et musiciens faisaient une performance. Un étroit escalier de fortune, fabriqué avec du bois de palette, était l’unique passage entre les deux étages. Il n’y avait que deux sorties dans tout l’entrepôt, pas de gicleurs. Les voisins, qui se plaignaient du bruit des soirées, des bagarres, et des détritus, ont été choqués d’apprendre que des gens vivaient là. Cependant, ce n’était pas un secret : des parents des élèves de l’école où allaient les trois enfants du couple avaient dénoncé les parents aux services sociaux et ils avaient perdu la garde des enfants durant plusieurs mois l’an dernier en raison des conditions de vie dangereuses de l’endroit. L’entrepôt était jonché d’objets et de matériaux et il était parfois difficile de se frayer un chemin dans tout ce bordel, comme a témoigné une ex-voisine. Enceinte, elle peinait à passer dans les « allées » de ce bric-à-brac.

Inspection, quelle inspection?

En novembre, des inspecteurs de la Ville s’étaient rendus sur le lieux, mais comme ils n’ont pu entrer, ils sont repartis. Nous avons appris cette semaine qu’il n’y a aucune trace d’inspection de l’immeuble depuis 30 ans et que les pompiers ont ordre d’inspecter les endroits où ils sont sûrs de recevoir le paiement de 186 $ pour la visite… Depuis l’incendie, des centaines de personnes craignent que la Ville ne décide de serrer la vis contre tous ces entrepôts où elles vivent illégalement. Où vont-elles aller quand non seulement les loyers sont très chers, mais en plus, les propriétaires peuvent exiger un dépôt de sécurité qui représente un ou deux mois de loyer? Ce dépôt est souvent le principal obstacle des gens à faible ou à moyen revenu pour qu’ils accèdent à un logement décent.

Construire!

Une des solutions les plus simples à une crise du logement est la construction d’immeubles. Simple et évident, mais pas pour tous. Il y a deux semaines, je lisais dans le journal que des gens qui habitent près du métro MacArthur pas loin d’ici ne veulent pas d’un nouvel immeuble où pourtant 25% des appartements iraient à des gens à faible revenu. Il y aurait des commerces au rez-de-chaussée et comme c’est à côté du métro, cela répond aux objectifs de densification et de planification urbaine. Pourquoi les gens se plaignent? Comme les fans de Donald Trump, ils ne veulent pas d’étrangers, des « techies » snobs qui ne se mêleront pas aux gens du quartier et vont magasiner seulement par Amazon. Peu importe qui habitera dans les 75% d’appartements au prix du marché, l’important c’est d’en construire des logements! On ne peut continuer de laisser des gens vivre dans des tentes sur les trottoirs (ce n’est pas une blague, il y a des campements à Okland et SF en pleine rue) ou dans des entrepôts insalubres sous prétexte que la loi du marché va finir par régler le problème! Il faut que les villes de la région accordent plus de permis de construction et surtout, qu’elles ne laissent pas une poignée de protestataires faire échouer des projets domiciliaires qui répondent à toutes les normes municipales ou d’état.

Si rien n’est fait, d’autres incendies du même genre pourraient se répéter.

Testé pour vous (2)

Rappel: Après les biscuits à la farine de grillon, le lait de soya, le lait d’amande, la crème glacée au lait d’amande, la crème glacée au lait d’acajou, le lait de chanvre, j’ai testé aujourd’hui un autre symbole de « l’alimentation sans », le lait d’avoine.

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Encore là, un produit avec bien des « sans »: sans lactose, sans gras, sans cholestérol, sans sucre, sans soya, sans produits laitiers.

Du côté « avec »: avec protéines, vitamines, fibres.

Et puis, me demandez-vous, « s’tu bon »?

Je souriais avant de goûter à ce produit. J’imaginais expliquer à mes parents (qui sont décédés et avaient tous deux grandi à la campagne) que j’avais acheté du « lait de soupane »… (soupane est un synonyme de grau; je viens d’apprendre que ça vient d’un mot anglais supawn qui vient d’une langue algonquienne, voir ici!)

Eh bien, c’est vraiment bon! L’avoine est sucrée naturellement, alors sans sucre ajouté ou sans vanille ou autre passe-goût pour tromper vos papilles, ce lait d’avoine est très bon! Je le place au premier rang de mon palmarès des substituts du vrai lait, devant le lait d’amande nature et non sucré.

Et qui peut bien boire ça?

Les végétaliens et toutes les personnes qui veulent boire une boisson froide, blanche, pas sucrée et très peu grasse. C’est un excellent substitut de lait, promis, vous ne grimacerez pas!

Les plus: produit protéiné, faible en gras et en glucides, bon au goût

Les moins: le prix (environ 2,50$ pour moins d’un litre)

C’est le racisme, stupide!

Vous vous souvenez peut-être que l’ancien conseiller de Bill Clinton, James Carville, qui avait lancé la phrase « L’économie, stupide », pour que les stratèges démocrates se rappellent facilement sur quoi ils devaient mettre l’accent.

Eh bien, l’élection de Donald Trump, c’est le racisme, stupides américains. Nous avons la preuve incontestée, alors que nous avons appris la semaine dernière que son stratège et conseiller principal est Stephen Bannon, ancien président du CA de Breitbart News, un site de nouvelles d’extrême-droite. Vous allez souvent voir la mention « droite alternative », ne tombez pas dans le piège de cette désignation inoffensive : cette droite est résolument d’extrême-droite, fascisante et fière de l’être. Ce sont des néo-nazis, point à la ligne.

En mars, le site Breitbart News avait publié un article intitulé « Guide de l’establishment pour comprendre la droite alternative (An Establishment Conservative’s Guide to the Alt-Righ) dans lequel il était mentionné sans ambiguité : « La droite alternative croit qu’un certain degré de séparation entre les peuples est nécessaire à la préservation d’une culture. » Une autre figure de proue de ce mouvement, Richard Spencer, a indiqué, dans une entrevue accordée à Mother Jones, qu’il croyait que la population blanche des États-Unis est en danger en raison de l’immigration et du multiculturalisme et il prône l’instauration d’un genre d’ « empire romain renouvelé », où le critère pour être citoyen serait d’être blanc (les blancs juifs seraient aussi inadmissibles à la citoyenneté). Il précise sa pensée : « Je pense que si Trump gagne, nous pourrons de manière légitime dire qu’il est directement associé à nous, avec le mot en R [raciste], les gens devront nous reconnaître ».

Après Bannon, celui qui est pressenti pour devenir procureur général des États-Unis, Jeff Sessions, a été refusé (par des républicains) pour être juge de district 1986 pour cause de racisme, qui compromettait l’impartialité attendue d’un juge. Il est contre toute régularisation des immigrants « illégaux », contre le mariage homosexuel, contre l’avortement. Avec un tel procureur, tous ceux qui ne sont pas des blancs mâles hétérosexuels peuvent craindre de voir leurs droits fondamentaux attaqués.

Bref, je ne vous ferai pas un résumé de toute cette brochette de politiciens de l’extrême-droite américaine qui fera partie de l’administration Trump, d’autant plus que ce cirque n’est pas terminé, mais je pense que bon nombre d’Américains ont fait semblant de voter Trump pour des raisons économiques, alors que le nœud du problème, c’est le racisme.

Vous croyez que j’exagère? La semaine dernière, Spencer et ses petits amis ont scandé « Heil Trump! » en faisant le salut hitlérien à Washington! En septembre, la présidente d’un comité pour l’élection de Trump d’un comté de l’Ohio a démissionné après avoir dit à un journaliste du Guardian, le quotidien britannique, « qu’avant l’élection d’Obama il n’y avait pas de racisme »; « si, depuis 50 ans, vous êtes noir et que vous n’avez pas réussi c’est de votre faute »; « nous avons trois générations [de noirs] qui ont des enfants hors-mariages, les enfants ne finissent pas l’école secondaire, quand prennent-ils leurs responsabilité pour la manière dont ils vivent? Je pense qu’il est plus que temps et c’est bien que M. Trump le mentionne. »

Bref, si ce n’était de l’élection de Justin Trudeau l’an dernier, je croirais que tout ce qui est un pays développé semble virer à droite. Sur le banc des accusés se trouve le Québec de Philippe Couillard, qui applique le programme de la CAQ alors qu’on lui a rien demandé; la France, ensuite, qui semble encore se diriger vers une élection de type « votons le moins pire (François Fillon, de droite, catho, anti-gai, etc) ou le pire (Marine Le Pen, d’extrême-droite) » ; la Grèce, la Pologne, la Hongrie, même le Royaume-Uni et son Brexit parfumé de racisme.

Il y a des moments où c’est difficile d’être social-démocrate, mais il ne faut pas lâcher. Jusqu’à la victoire, toujours!