Visite guidée

Le viking et moi habitons désormais dans le quartier Grand Lake d’Oakland. L’architecture du quartier est intéressante parce qu’elle n’est pas du tout homogène.

Venez donc faire une petite visite virtuelle.

Une vue du quartier, tout en pentes:

IMG_0774

Le quartier comprend de chouettes petites maisons:

IMG_0779

IMG_0780

IMG_0778

 

Et des maisons plus grandes, comme cette demeure rose, et celle-ci, toute en bardeaux:

IMG_0781

 

Les arbres et les plantes sont exotiques pour nous, gens venant du froid:

IMG_0772

 

IMG_0775

 

Le cinéma qui donne son nom au quartier:

IMG_0786

 

Dernière preuve que la saison froide est arrivée quelque part en Amérique du Nord, le lac Merritt est noir d’oiseaux venus se prélasser au soleil:

IMG_0792

 

Les outardes sont toujours au rendez-vous.IMG_0789

Je ne peux passer sous silence plus longtemps le fait que j’ai baptisé ma nouvelle amie Bertha:

IMG_0802

 

On se salue presque tous les jours, elle et moi.

La privatisation des services publics

Il y a quelques semaines, le East Bay Express, un hebdomadaire indépendant, a publié un dossier sur les déchets à Oakland. Dans certains quartiers, ou certains secteurs de quartiers, des amoncellements de déchets ternissent le paysage. Vous ne serez peut-être pas étonné si je vous dit que ce sont surtout les quartiers pauvres qui sont touchés par ce problème. Le problème, justement, ce ne sont pas que les pauvres sont plus sales que les autres, ou moins respectueux de l’environnement; le problème, c’est que les pauvres sont pauvres, et que l’entreprise privée chargée du ramassage des déchets fait de la discrimination économique, parce que les pauvres, « ben, sont pas rentables ». Voici comment une ville qui abandonne un service public essentiel de salubrité se ramasse à payer une double facture.

À Montréal, et dans d’autres villes québécoises, la voirie ramasse les déchets encombrants. Selon les villes, les gens doivent signaler à la Ville qu’ils laissent de gros déchets sur la voie publique ou les employés réguliers signalent l’emplacement des objets à récupérer à leurs collègues chargés de ramasser les « gros morceaux ».

Ici, c’est avec stupeur que j’ai appris que ce n’était pas du tout la même chose. La société privée qui ramasse les ordures, Waste Management (WM), a des règles précises: les maisons unifamiliales et les habitations de deux à quatre unités ont droit à UN ramassage gratuit de gros déchets PAR AN. Il faut prendre un rendez-vous pour que l’entreprise récupère les déchets. Les locataires N’ONT PAS LE DROIT de prendre rendez-vous, c’est le propriétaire ou le responsable de l’immeuble qui doit faire les démarches. Dans le cas d’immeubles de plus de quatre unités, les locataires n’ont pas droit à ce service, ils doivent appeler Waste Management et payer pour le ramassage supplémentaire.

Si vous êtes un locataire à faible revenu dans un immeuble de plus de quatre unités et que vous n’avez pas les moyens de payer WM, le seul moyen légal qu’il vous reste est de trouver un véhicule pour aller porter vos déchets au centre de tri de WM dans la ville voisine de San Leandro. Et si, par malheur, vous laissez un matelas à ce centre, il y a des frais de 21,70 $. Bref, si vous êtes un locataire, sans voiture et sans argent de trop pour payer un ramassage, il ne reste plus qu’à abandonner votre matelas, ou tout autre gros déchet, sur la voie publique. Qui vient le ramasser? Les employés municipaux! Je trouve tout à fait débile qu’Oakland paye deux fois pour la même chose: d’un côté elle accorde un contrat à WM pour qu’elle ramasse les déchets et les matières recyclables, et de l’autre, elle doit payer ses employés pour qu’ils récupèrent ce que WM ne veut pas ramasser. C’est ainsi qu’Oakland récupère environ 5000 matelas abandonnés par an.

Selon les résultats d’un recensement, en 2010, 58 % des habitants d’Oakland étaient locataires et 37 % du parc immobilier comptait plus de cinq unités par immeuble, ce qui fait que bien des gens ne peuvent profiter gratuitement d’un « service public » essentiel qu’est le ramassage des ordures, qu’elles soient « grandes » ou « petites ».

 

Une bonne nouvelle

J’ai une bonne nouvelle pour vous : ici aussi, il a fait gris et il a plu durant deux jours! Gens de l’Est, vous n’êtes pas seuls!

Cette pluie était nécessaire. L’année 2013 est parmi les années les plus sèches depuis le 19e siècle, et je crois qu’ici il n’y a pas eu deux jours consécutifs de pluie depuis juin, lorsque papa et maman viking sont venus nous visiter.

Sinon, euh, je me creuse la tête pour trouver des sujets pour alimenter ce blogue. De retour demain avec de la vraie de vraie nouveauté!

 

 

Un conte de deux villes

Un conte de deux villes est un roman de l’écrivain britannique Charles Dickens. L’histoire se déroule à Londres et à Paris durant la révolution française de 1789. Depuis quelques semaines, des conseillers municipaux de San Francisco se servent de ce titre pour illustrer la fossé qui s’accroît entre les nantis, le plus souvent des gens des « technologies », et les autres. Bien sûr, personne ne pense qu’une révolution va survenir en raison de ces inégalités.  Les manifestants des mouvements Occupy/Occupons des dernières années ont échoué à mobiliser les masses autour de leurs préoccupations économiques, contrairement au Tea Party, qui a su infiltrer le Parti républicain et transposer dans la sphère politique ses positions de droite.

Il reste qu’aujourd’hui San Francisco est une ville qui se polarise. D’un côté, il y a les condos « abordables » à 200 000 $; des studios qui se louent 2900 $ par mois; un appartement neuf de trois chambres peut se louer 5000 $ par mois; des places de stationnement se vendent 82 000 $; Mark Zuckenberg, le PDG de Facebook, a acheté récemment un pied-à-terre de 10 millions de dollars dans le quartier Mission, un quartier qui était populaire, pour ne pas dire pauvre, qui se gentrifie à la vitesse grand V.

De l’autre côté, il y a des milliers de sans-abris (et seulement 16 douches pour eux); des gens qui ne peuvent s’offrir une (1) toast à 4 $; des expulsions de locataires en hausse de 170 % par rapport à 2010 (expulsions afin de transformer les logements en appartements à vendre); une ville qui a dépensé 13,4 millions jusqu’en juin pour la course de bateaux America’s Cup, mais qui n’a pas d’argent pour réparer les ascenseurs de ses HLM (et tant pis si vous êtes cloué trois jours dans votre appartement parce que votre fauteuil roulant n’est pas commode dans les escaliers); des citoyens écoeurés par la lenteur et les retards du métro Muni, qui regardent avec rage les employés de Google se faire transporter en autocar de luxe du centre-ville de San Francisco à Mountain View (autocars qui ne se gênent pas pour se garer aux arrêts de bus et ne semblent pas récolter de grandes amendes); bref, comme le dit le conseiller municipal David Campos, « Le conte de deux villes est une réalité pour de nombreux gens, pour qui la ville ne remplit pas ses promesses. »

Il y a au moins un avantage incongru à cette situation : la ville d’Oakland attire de plus en plus gens, notamment de jeunes artistes et musiciens, qui ne peuvent plus habiter à San Francisco, et apportent un dynamisme fort apprécié ici.

Nouveaux voisins

Je vous avais dit que j’essayerais de photographier mes nouveaux voisins. Les premiers sont très nombreux et très sociables, comme leurs congénères de Montréal:

IMG_0765Les autres sont plus discrets. J’en ai vu un ce matin pendant que je faisais le tour du jardin en trottinant:

IMG_0763

 

Il y a juste les nouveaux Californiens comme moi qui sont étonnés de voir ces dindes sauvages. Je savais qu’il y en avait dans la nature, mais de les voir déambuler dans le jardin de roses comme si de rien n’était me fait encore rire. La première fois que j’en ai vu une, je montais mon vélo dans l’escalier de 116 marches et j’ai arrêté net. Elle montait elle aussi l’escalier vers la sortie du parc. Ne voulant pas l’effrayer pour qu’elle aille se faire frapper dans la rue, j’ai attendu qu’elle traverse l’escalier et se rende dans le boisé. Et il y a deux semaines, j’ai vu une chatte mi-siamoise mi-quelque chose appelée Lulu (j’ai mes sources) suivre furtivement (de très loin) un dindon qui marchait dans l’allée centrale du jardin, et qui a remonté une allée vers la rue Olive, toujours à pattes, sans de donner la peine de s’envoler. C’était très drôle.

Sinon, la semaine prochaine aura lieu l’assemblée annuelle de l’association des propriétaires et je rencontrai d’autres « vrais voisins ».

Le grand déballage

Nous sommes bel et bien chez nous depuis vendredi. Les déménageurs sont arrivés quelques minutes d’avance, du jamais vu. Ils étaient jeunes, rapides et efficaces, tout était terminé à 15 h. Depuis, une immense colline de boîtes orne le salon.
L’immeuble est calme, le quartier aussi.
Je suis surtout occupée à déballer des boîtes,  nettoyer; enfin, vous connaissez le refrain.
Je vais essayer de vous montrer mes nouveaux voisins qui vivent dans le jardin de roses derrière, mais comme ils sont discrets, ça peut prendre quelques jours d’observation…