Orgueil

Une des expressions favorites de ma maman était « C’est l’orgueil qui a creusé l’enfer ». Elle me la répéterait sûrement en riant si elle lisait ce blogue. Parce que je ne peux pas m’en empêcher, je suis pleine d’orgueil! Je suis très fière du travail du viking, qui a posé de superbes carreaux de céramique sur le mur de la cuisine, et très fière de mon choix de couleurs. Je suis à la fois décoratrice et superviseure de chantier!

Voici donc un échantillon de notre collaboration :IMG_0867

 

L’équipe du tonnerre, c’est nous! (Je sais que la photo n’est pas droite. C’est pour ça que je me contente de superviser le chantier, parce que c’est le viking qui a le compas dans l’oeil.)

Big Brother vous regarde

Big Brother est le personnage omniscient du roman1984 de George Orwell, roman qui dépeint une société totalitaire où tous les habitants sont surveillés en tout temps par des écrans de télévision : Big Brother voit tout et entend tout. Comme l’apprend le personnage de Winston, nul ne peut échapper à Big Brother.

Faire référence à Big Brother est presque devenu un cliché en ces temps de réseaux sociaux, d’Internet et de surveillance des activités électroniques des gens ordinaires sous prétexte de prévenir le terrorisme. Or, j’ai réellement vécu un moment « Big Brother » dimanche.

Je suis habituée de voir des publicités de produits que j’ai cherché sur Google ou Amazon apparaître sur les sites de journaux que je consulte. Par contre, c’est la première fois que je vois immédiatement un lien entre ce blogue et une publicité. Environ trente minutes après avoir publié le billet précédent, j’ai vu une publicité de thé de la marque Yogi sur le site du New York Times. Or, si j’utilise la plateforme WordPress pour publier ce blogue, je ne vais pas sur le site de WordPress, mais bien sur notre propre site monpapyrus. Même le viking a haussé un demi-sourcil d’étonnement lorsque je lui ai dit avoir vu la publicité.

Ne soyez pas paranoïaques, mais demeurez vigilants lorsque vous naviguez sur le Net.

 

Tatie Jackie chez les yogis

Vendredi je suis allée à San Francisco assister à une séance de yoga mère-enfant. J’accompagnais Y. et sa fille Frédérique, âgée de quatre mois. Il y avait une vingtaine de mères et de bébés; l’âge moyen des poupons était de trois mois.

Je ne me suis pas contorsionnée, j’étais là en qualité de « bénévole » pour câliner les enfants si les mères souhaitent avoir le champ libre pour se concentrer sur les exercices. J’ai été très étonnée par la quiétude de la séance : très peu de bébés ont pleuré, et ceux qui le faisaient semblaient davantage souffrir de la faim que d’un mal-être inconsolable…

Le mot-clé est « liberté ». Les mères suivent la séance comme elles le peuvent, il n’y a pas de contraintes. Elles peuvent allaiter, sortir, bref, il n’y a  pas de stress pour faire exactement tout ce qui est enseigné par la monitrice.

J’ai distrait six bébés, dont un garçon, John, qui a été mon client deux fois. J’ai beaucoup aimé mon expérience. Ce type d’activité me semble très typique de l’esprit San Francisco. Je sais que cela est aussi offert à Montréal, mais je n’avais jamais participé à une séance de yoga auparavant, encore moins à une séance pour les mères.

Si cela vous intéresse, vous pouvez voir une courte capsule vidéo ici.

Gourmandise

Ce samedi, j’ai décidé de cuisiner des brochettes d’agneau haché, appelées kefta. C’est seulement la seconde fois que j’en prépare et les résultats sont toujours délicieux.

Pour trouver de l’agneau haché, nous nous sommes rendus à Berkeley dans une épicerie de la bannière Andronico’s. Je me souvenais que le nom avait l’air grec; je me disais qu’on y trouverait ce qu’il nous fallait : de l’agneau haché et des pistaches.

Vous vous souvenez peut-être que j’ai déjà parlé d’une épicerie « bobo » sur l’avenue Piedmont où je vais seulement à l’occasion parce que c’est plus cher qu’ailleurs? Et bien, Andronico’s était bien plus cher que cette épicerie, sauf pour la viande d’agneau; bref, je pense que cette première visite sera aussi la dernière. Comme a si bien résumé le viking: « Ah, c’est là où vont les professeurs de Berkeley pour dépenser leur paye! »

Ce qui devait être pour quatre personnes n’a pas fait long feu sur notre table :IMG_0853

San Francisco mon amour

La Saint-Valentin approche et j’ai pensé vous faire découvrir des déclarations d’amour à … San Francisco.

Tout d’abord, LA série de romans dont deux générations de lecteurs ont lu les aventures d’une galerie de personnage, Tales of The City ou Chroniques de San Francisco en français, vient de se terminer. Le neuvième et dernier roman a été publié il y a environ deux semaines, The Last Days of Anna Madrigal (Les Derniers jours d’Anna Madrigal sera probablement le titre en français). Je l’ai lu en deux jours, le coeur un tantinet serré à l’idée de ne plus jamais savoir ce qui arrivera avec tous ses personnages. L’auteur Armistead Maupin a été un bureau de tourisme à lui tout seul, des millions de gens sont venus ici sur les traces de ses personnages.

Voici un extrait de Mary-Ann en automne :

« Il lui prépara un cornet d’une boule; sans même y toucher, elle l’emporta quelques mètres plus loin jusqu’à Russell Street, la ruelle partant de Hyde Street, où Jack Kerouac s’était terré pendant six mois au début des années cinquante pour travailler son brouillon de Sur la route. Son premier mari, Brian, qui était très attaché à ce lieu, l’y avait amenée quand ils avaient commencé à sortir ensemble. Planté comme un pèlerin à Lourdes devant la petite maison au toit pentu, il s’était simplement contenté de lui dire que Neal Cassady avait vécu là et elle – Que Dieu ait pitié de la jeune oie blanche de Cleveland qu’elle faisait alors ! – lui avait demandé s’il s’agissait d’un des frères de David Cassidy. »

Parlant de Jack Kerouac, voici un extrait de Sur la route, livre culte qui a aussi catapulté des milliers de gens sur les routes des États-Unis :

« Ça me démangeait de pousser jusqu’à San Francisco. (…) Roy Johnson me dit qu’il me verrait à Frisco. Tout le monde allait à Frisco. (…) En passant le pont de la baie d’Oakland, je dormais à poings fermés pour la première fois depuis Denver; et c’est à l’arrêt de Market et de la Quatrième Rue que je me réveillai brusquement (…) Je descendis du car et j’errai comme un spectre décharné, et voilà que c’était Frisco, ses longues rues désertes où les cable-cars se perdaient dans un brouillard blanchâtre. (…)

Il y avait le Pacifique, quelques contreforts plus loin, bleu et immense, et au large, une haute muraille de blancheur qui arrivait du légendaire champ de patates où les brouillards de Frisco prennent naissance. Encore une heure, et il s’écoulerait par la Porte d’Or pour draper de blanc la cité romantique et un jeune type prendrait sa fille par la main et remonterait lentement un long trottoir blanc avec une bouteille de Tokay dans sa poche. C’était ça Frisco; et de belles femmes debout dans la blancheur des porches, attendant leurs types; et Coit Tower et l’Embarcadero et Market Street et les onze collines grouillantes de gens. »

(En retapant cet extrait, je constate une erreur : « une haute muraille de blancheur qui arrivait du légendaire champ de patates où les brouillards de Frisco prennent naissance. Encore une heure, et il s’écoulerait par la Porte d’Or « . En anglais, le texte est clair, c’est LA muraille de blancheur qui passe par le Golden Gate, le fameux pont. De plus, en anglais on parle de « great wall », référence à la « grande muraille » en Chine; il y a une perte au niveau de l’image en français. Dans un cours de traduction littéraire, je plaidais pour que la traduction, qui date de 1960, soit refaite; je suis encore de cet avis.)

Et Jack Kerouac et Sur la route ont eu un rejeton québécois, Volkswagen Blues de Jacques Poulin. Dans ce roman, Jack Waterman part à la recherche de son frère sur les routes de l’Amérique du Nord, de Gaspé à la Californie, en passant par le sud des États-Unis.

« Dehors, le brouillard s’était retiré. Il était onze heures du matin. Il faisait un soleil magnifique et la rue était inondée de lumière. En repassant devant Washington Square, où traînaient les fantômes du passé, ils remarquèrent cette fois l’énorme phallus de la Coit Tower qui se dressait au sommet de Telegraph Hill.

Ils marchaient dans Columbus en regardant tout autour d’eux. Ils rencontraient toutes sortes de gens : des Chinois, des Italiens, des Français, des Allemands, et il y avait des odeurs de café, de pizza et de pâtisserie qui flottaient un peu partout. Une colline s’élevait à leur droite, une autre à leur gauche, et toutes les deux étaient couvertes de maisons bleues, roses, blanches ou jaunes avec des fenêtres en saillie; ils se trouvaient comme dans une petite vallée. »

En quelques phrases, ces auteurs nous font voyager à San Francisco, et bien mieux que je ne puisse le faire.

La consécration

Le Québec est loin de la côte Ouest. Si le viking aime bien dire qu’il est de Montréal sans donner plus de détails, je me bute souvent à des gens qui ignorent où est Montréal ou même qu’on parle français au Canada, alors j’aime bien expliquer d’où je viens. Cette étape sera peut-être bientôt superflue.

Hier, nous avons reçu la circulaire de Trader Joe’s, une chaîne de supermarchés qui se démarque par de nombreux produits biologiques ou des produits sans gluten, sans ci et sans ça, et ses plats préparés. Ce matin, je regarde la circulaire d’un oeil distrait, et que vois-je?

 

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Et voici le texte :

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Je vous résume en français :

« L’origine de la poutine est difficile à retracer. Nous savons qu’elle vient de la campagne québécoise et qu’elle a été servie pour la première fois quelque part dans la seconde moitié du XXe siècle. Par contre, nous sommes certains qu’en anglais poutine signifie « fouillis », alors si vous aimez des plats bordéliques, riches et vraiment savoureux, vous devez essayer la poutine de Trader Joe’s.

Notre poutine est un fouillis de bonnes choses. Ce mélange de frites, de fromages en grain et de sauce respecte la tradition canadienne. Les frites sont faites de pommes de terre Challenger Gold cultivées dans les États du nord-ouest bordés par le Pacifique. Ces pommes de terre à chair jaune ont une saveur un peu sucrée et se cuisent au four jusqu’à ce qu’elles soient bien croustillantes. Un paquet de fromage en grain du Wisconsin accompagne les frites. Le retrait du petit-lait au début du processus de fabrication permet d’obtenir ce fromage frais. Dans un troisième paquet se trouve la sauce brune veloutée. Faites cuire les frites, dégelez le fromage et chauffez la sauce. Placez le fromage sur les frites, puis versez la sauce. Oui, on obtient un fouillis, mais un beau fouillis. Il s’agit d’un plat réconfortant et parfois c’est ce que le docteur, le Docteur Joe précisons-le, recommande.

La poutine Trader Joe’s se vend au prix régulier de 3,99 $ le paquet de 24 oz au rayon des produits surgelés. »

Une trousse de préparation de poutine! Dans un supermarché « bobo »! Si la planète associe « pizza » et « Italie », le Québec sera-t-il bientôt reconnu dans le monde entier pour sa poutine? À surveiller!

Voyage en Albanie

Vendredi midi, j’ai ouvert ma carte des voies cyclables de la région, en quête d’une destination : les tracés indiquent les rues où il est sécuritaire de rouler, que ce soit sur des pistes cyclables ou des rues ordinaires. Puisque je suis entourée de rues aux fortes pentes et que pour aller dans les parcs à la périphérie d’Oakland il faut traverser des collines, je me suis dirigée du côté de la baie, où c’est plutôt plat. C’est comme ça que je suis allée en Albanie.

En fait, la ville d’Albany est au nord de Berkeley, qui est elle-même au nord d’Oakland. Aller-retour, ce fut une balade d’environ 30 kilomètres, la plus longue que j’aie jamais faite.

Comme j’expliquais au viking, les pistes cyclables ne sont pas toujours bien identifiables, et j’ai déplié ma carte souvent. Imaginez ma surprise quand je suis arrivée dans ce que je croyais être le parc régional, où il y avait des campements de sans-abris. J’ai poursuivi ma route sans sourciller. J’étais au Albany Bulb, une « communauté » d’artistes et de sans-abris.

J’ai ainsi vu de superbes sculptures géantes :

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Cette dernière photo est moins bonne, mais la sculpture ressemble à un chien.

La sculpture de la dame qui accueille les visiteurs m’a fait penser au Christ qui surplombe Rio de Janeiro au Brésil, que vous pouvez voir si vous cliquez ici.

Selon un article du journal The Street Spirit, l’équivalent local de L’Itinéraire, cet endroit est un ancien dépotoir, où les plantes et arbres ont recommencé à pousser une fois le site abandonné. Puisqu’une simple clôture le sépare du parc régional, où je croyais être, je trouvais curieux que des campements de sans-abris soient tolérés dans le parc régional. La ville d’Albany vient d’ailleurs de donner le site au ministère des parcs de l’État, et ce sera une longue bataille pour que ces gens quittent ce qui est devenu leur résidence. Ce sera un dossier que je suivrai avec plus d’attention. J’espère que les sculptures seront préservées d’une manière ou d’une autre.