Ah, la vue…

J’ai été assez occupé cette semaine, notamment parce que j’ai commencé la session de printemps à l’université, que nous accueillons notre premier invité de l’année et que j’ai eu deux contrats.

Voici donc un petit régal pour vos yeux, un diaporama du journal New York Times, de superbes photos prises dans la région de San Francisco.

Je vous reviendrai rapidement avec davantage de nouvelles!

Pour voir le diaporama, cliquez ici.

Si vous souhaitez vous installer dans le voisinage, il y a une chouette maison à vendre à quelques portes de l’entrée principale du jardin de roses.  La visite virtuelles est par ici . En prime, elle est plus jolie et moins chère qu’une maison semblable vendue en face de chez nous, toujours sur le marché après un mois (une éternité ici!).

Petites choses

La Californie n’est pas tellement différente du Québec. Il y a toutefois de petites choses qui prouvent que je vis en Californie, et d’autres qui prouvent que je suis plus précisément dans la région de San Francisco.

En Californie et nulle part ailleurs :

-le salaire minimum de l’État est de 8 $ (il passera à 9 $ en juillet); le salaire minimum fédéral, 7,25 $. Le salaire fédéral minimum des employés à pourboire est de 2,13 $; en Californie, les employés à pourboire n’ont pas de salaire minimum différent des autres catégories d’employés.

-tous ceux qui n’ont jamais eu de permis de conduire californien doivent passer un examen théorique et un examen sur la route pour en obtenir un;

-il y a des taxes de vente et sur l’essence! Et des impôts! Selon un site Internet de contribuables-qui-n’aiment-pas-les-taxes, l’État a le taux d’imposition des particuliers le plus élevé du pays… 13 % (pas étonnant que Californie a failli faire faillite il y a quelques années). Vérification faite, il s’agit plutôt de 12,3 %, et ceux qui déclarent un revenu personnel de plus d’un million de dollars ont une « surtaxe » de 1% pour financer des services de santé mentale.

-l’État est totalement démocrate : le gouverneur, le congrès, l’assemblée législative, la procureure en chef, tous démocrates. Et parmi les républicains, il y a de nombreux démocrates qui s’ignorent, puisqu’ils disent être en faveur du mariage gai, de l’avortement, de la réforme de santé (« Obamacare »). De plus, il y a ici une organisation républicaine gaie non reconnue par le Parti républicain californien, puisqu’elle contrevient aux statuts du Parti, lequel exclut les organismes militant en faveur de « certaines préférences de styles de vie ou d’orientation ».

-il y a un marché du carbone Californie-Québec depuis le 1er janvier, plus précisément le Système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre du Québec (SPEDE);

-le cannabis à usage médical est légal. Ne vous surprenez pas à voir de nombreuses « cliniques » où les gens vont s’approvisionner.

À San Francisco et nulle part ailleurs :

-au quatrième trimestre de 2013, le loyer moyen d’un appartement de deux chambres-deux salles de bain dans un immeuble de plus de 50 unités à SF était de … 4 214 $ (10 % d’augmentation en un an); à Oakland, pour le même type d’appartement, le loyer moyen était de 2824 $.

-le salaire minimum à San Francisco est de 10,74 $. Étant donné le prix exorbitant des loyers, il y a une pression populaire pour le faire augmenter à 12 $, voire 15 $.

-les employeurs qui ont plus de 20 employés (50 pour les organismes sans but lucratif) doivent offrir une couverture santé à leurs employés; une « surtaxe » de 4 % dans le secteur de la restauration peut apparaître en sus du service sur la facture pour doter ce fonds de santé (vous êtes prévenus).

-les services de raccompagnement privés comme Über, Lyft sont extrêmement populaires ici, puisqu’il paraît que les taxis sont rares, chers, et n’hésitent pas à vous refuser si ça ne fait pas leur affaire. Le principe de ces entreprises est simple : vous vous mettez disponible pour raccompagner des gens, qui communiquent avec vous par une application de téléphone intelligent, et l’entreprise garde un pourcentage de la transaction.

-Un service de raccompagnement appelé Homobiles existe depuis l’an dernier, lequel cible les homosexuels, travestis, transgenres et n’importe quelle femme ou homme qui ne veut pas subir de remarques sur la longueur de sa jupe. Oui, les San franciscains ont beau être progressistes, l’existence de ce service prouve qu’il n’y a rien de parfait.

-la population noire de San Francisco est de … 6 %, une ségrégation probablement économique. D’ailleurs, selon les dernières données, le milieu des TI américain, qui est en plein essor ici, est très « blanc » : 71 % de blancs, 6 % de noirs, 7 % de latinos et 15 % d’asiatiques. Un fossé numérique qui pourra avoir des répercussions à très long terme si le pays ne fait rien pour le combler.

-San Francisco et le comté d’Alameda où est Okland interdisent les sacs de plastique à usage unique. Apportez un sac réutilisable dans vos bagages!

-les cable cars, ces tramways actionnés par un système de treuil et de câble. Il ne reste plus que trois lignes et elles sont très populaires auprès des touristes, avec raison.

Nouveauté

Après 13 ans de loyaux services, nous avons remercié notre table et nos chaises de salle à manger. Au départ, je voulais ne changer que les chaises qui chambranlent et craquent depuis plusieurs années. L’inflation a fait son chemin, et j’avais de la difficulté à accepter qu’il faudrait payer le même prix pour six chaises neuves que pour l’ensemble complet en 2001.

Avant de déménager aux États-Unis, le viking, exaspéré, a dit : « Je ne déménage plus ces chaises-là! ». Mais les chaises ont changé de pays. Lorsque nous sommes emménagés dans notre premier appartement d’Oakland, le viking a dit: « Je ne déménage plus ces chaises-là! » Mais les chaises ont changé de quartier. Nous sommes allés plusieurs fois chez Ikea, où nous avions un crédit, mais peine perdue, nous n’étions pas d’accord sur le modèle.

J’ai ensuite suggéré au viking d’attendre janvier, pour les soldes d’après-Noël, une excellente période pour acheter des meubles. Mais à notre retour de vacances, nous avons été assez occupés. Et puis, en fin de semaine dernière, il y avait une « vente de printemps » dans un magasin/usine de meubles de Berkeley, dont la spécialité est la fabrication de meubles en bois recyclés. Cette fois-ci, nous étions d’accord sur un modèle de table et un modèle de chaises :IMG_0896 IMG_0897

Pour la petite histoire, le bois du plateau de table provient de l’ancien stade de l’Université de Berkeley, comme le prouve le détail suivant :

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Les chaises sont bien plus solides et devraient durent plus de quinze ans!

Le syndrome de l’imposteur

J’avoue, je souffre du syndrome de l’imposteur. Depuis deux semaines, je vais courir le matin dans les rues de « Piedmont-les-riches », la ville voisine, pour deux raisons : la première, c’est de me muscler les mollets et d’avoir une forme d’enfer, puisque les rues sont très en pente; la seconde, me guérir du syndrome de l’imposteur et me désensibiliser aux « grosses cabanes de riches ». Je vis à une rue d’une ville enclavée dans Oakland, un ghetto de riches : Piedmont. Je souffre du syndrome de l’imposteur non parce que le viking et moi sommes des bobos, mais parce que nous vivons à proximité de gens vraiment riches, et que je ne suis pas habituée de vivre dans « un beau quartier ».

Chez nos voisins piémontais, les maisons, mêmes ordinaires, se vendent à des prix extraordinaires. Dimanche dernier, deux maisons de Piedmont étaient en vedette dans le cahier Immobilier du journal : l’une était vendue à 2,95 millions de dollars (mais il y avait aussi un « cottage pour invités » sur la propriété); l’autre, 6,5 millions de dollars. Pas étonnant que tout soit plus cher à l’épicerie Piedmont! Il y a tout de même une consolation: puisque Piedmont est une bourgade sans commerces (il y a seulement une station-service et quelques banques), tous les commerces de l’avenue Piedmont paient des taxes commerciales aux « rustres » d’Oakland!

Dictée

Ce samedi, je suis allée pour la première fois aux locaux de l’Alliance Française de San Francisco, où avait lieu La Dictée de l’Alliance Française. Je crois que ma dernière participation à une dictée remontait à secondaire 2 : mon enthousiasme a compensé pour mon manque d’expérience.

J’étais surprise du nombre de participants, plus de 80 au jugé, dont plusieurs enfants. Je faisais partie du groupe « pro », il y avait aussi un groupe d’adultes francophones et un groupe d’adultes francophiles. Nous étions sept « pros », dont une enseignante de française langue étrangère et un camarade traducteur, que j’ai rencontré en janvier. C’est d’ailleurs lui qui a obtenu la première position dans notre groupe; moi j’ai bataillé parce que j’étais ex-aequo en troisième place, et j’ai « gagné » ma troisième place avec une seconde dictée. L’enjeu était de taille : les personnes des première, deuxième et troisième place de chaque groupe participaient au tirage du grand prix, un aller-retour San Francisco-Paris!

J’ai été épatée parce que mon camarade traducteur et une autre participante ont été les meilleurs, avec seulement cinq fautes chacun. Comme il vit ici depuis une vingtaine d’années, cela prouve qu’on peut vivre dans un environnement anglophone sans trop subir une perte de la qualité de sa langue maternelle (c’est un cliché qu’on entend souvent dans le milieu de la traduction à propos des traducteurs : que la perte de contact avec leur langue maternelle, s’ils traduisent dans celle-ci, provoque un déclin de la qualité de leur travail).

Et moi? Euh, quinze fautes selon ma correctrice, qui a jugé deux accents « trop plats » pour déterminer s’ils étaient des « é » ou « è », donc treize selon moi. C’était une dictée qui avait l’air simple à la première lecture, mais qui ne l’était pas du tout. Je compte bien prendre ma revanche l’année prochaine!

Et le grand prix? C’est une belle histoire : il y avait qu’une participante dans la catégorie « poussins », une mignonne blondinette qui avait l’air d’avoir cinq ans. Elle était accompagnée de son papa qui a participé dans le groupe de francophiles. Elle a accepté de piger le gagnant et s’est acquittée de sa tâche avec gravité. Le billet gagnant était celui de « poussins, 2e place ». Comme elle était la seule participante des poussins, elle a donc remporté l’aller-retour à Paris, sous l’oeil éberlué de son papa!

Nature

Ce n’est pas parce que nous vivons en ville que nous sommes éloignés de la nature. D’ailleurs, je suis ravie de voir que mes anciens voisins Fred et Délima, des canards malards, sont venus eux aussi s’installer dans notre quartier « tendance ». Ils logent dans l’étang du jardin de roses depuis environ une semaine.

J’ai aussi profité du passage de Bertha pour aller m’enquérir de sa santé :bertha-jackie

Une des maisons adjacentes au jardin camoufle un poulailler, où vivent CINQ poules :

poules(je ne sais pas si leurs maîtres mangent des omelettes tous les matins…)

Pas très loin d’ici, dans « Piedmont-les-riches », il y a une immense baraque avec un immense terrain tout aménagé. Pas de chance, lors de notre passage les propriétaires étaient là, alors le viking a photographié cette superbe plante, mais non toute la propriété:

aloes-fibonacci

 

La spirale de cet aloès est un exemple concret de la suite de Fibonacci (« Suite de nombres dans laquelle tout nombre est égal à la somme des deux précédents », source http://www.futura-sciences.com).

Si mes salades finissent par pousser, je publierai bientôt des photos de mon mini-jardin.