Ce qu’on s’amuse à Vancouver…

Vancouver a une réputation de ville « de plein air », d’être tranquille et d’avoir une scène culturelle pas très étendue. « Plate », hein? Mais j’ai appris que depuis le 20 juin, une loi autorise maintenant les établissement à offrir des « happy hour » ou « heure de l’apéritif », où des consommations alcoolisées sont vendues à prix réduit durant une certaine période. Oui, vous avez bien compris, si c’est permis depuis le 20 juin, c’est que c’était interdit auparavant!

Peut-être bien que les anglo-saxons vont se décoincer un peu plus! Quand j’aurai terminé mon enquête, je vous ferai part de mes conclusions!

Panorama vancouvérois

Cet après-midi, j’ai fait une virée à vélo, principalement au parc Stanley, qui borde la baie, mais aussi en ville et du côté d’English Bay. J’étais tellement heureuse de pédaler que je n’ai pris que quelques photos : je ne voulais pas m’arrêter. En plus, des touristes m’énervaient pas mal à force d’arrêter sans crier gare dans la voie de gauche pour photographier le panorama…

Voici donc un petit aperçu d’un après-midi ensoleillé sur la côte ouest canadienne.

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La « San Francisco du Nord »

Je suis arrivée mardi à Vancouver pour une petite escapade. Le titre vous indique à quel point je ne suis pas dépaysée. Si je n’avais jamais mis les pieds dans la région de San Francisco, Vancouver serait très exotique. Mais il y a trop de similitudes :

-SF et Vancouver sont toutes deux sur le bord d’une baie;

-Elles ont toutes deux des palmiers, même si ce ne sont pas des arbres indigènes;

-Elles ont aussi un énorme contingent de coureurs; de cyclistes; de coureurs qui courent avec un chien; de chiens;

-Tout le monde semble décontracté;

-On peut manger bio, local, etc, etc.

À première vue, ce qui est différend à Vancouver, c’est d’entendre davantage parler français ou une langue chinoise. C’est ce qui m’a frappé à l’aéroport : à part le panneau « Welcome to Vancouver/Bienvenue à Vancouver », tous les autres panneaux étaient, dans l’ordre, en anglais, français et en idéogrammes chinois. Comme c’était la Saint-Jean et qu’il y a toujours deux langues officielles au Canada, j’ai dit « bonjour » et « merci » à tous les agents des services frontaliers que j’ai rencontrés.

Il fait beau depuis mardi après-midi, et je compte aller faire une ballade à vélo cet après-midi au parc Stanley, « le plus grand parc urbain d’Amérique du Nord », selon un de mes guides touristiques. Je publierai ensuite quelques photos. À bientôt.

Les mots-clés de San Francisco

Chaque ville ou région a son lexique, ses mots qui lui appartiennent. Par exemple, dites-moi « Montréal », et les mots-clés qui me viennent à l’esprit sont « chaleur intense, froid intense, nids-de-poule, festivals, sécurité, métro, circulation, béton, corruption, ambiance décontractée, automobilistes fous furieux, bixi, pistes cyclables, culture ».

Il y en a d’autres, bien sûr. Mais voyez quelle réputation a Montréal à l’étranger. Ma nouvelle dentiste, en voyant le nom de la ville sur le formulaire, a dit « Ah, Montréal! La ville la plus sécuritaire du monde. » Après quelques secondes de réflexion, j’ai répondu que c’était vrai. Et l’hygiéniste dentaire d’enchaîner: « Et un système de santé gratuit ».

Qu’en est-il du lexique de San Francisco? Les lecteurs assidus de ce blogue vont peut-être penser à des mots liés à l’immobilier : loyers chers, prix élevé des maisons, gentrification. Ces temps-ci, on discute beaucoup de hausse du salaire minimum (la Ville de San Francisco impose un salaire minimum de 10 $/heure), de construction de logements abordables, de l’omniprésence de la société AirBnB (qui agit comme courtier entre des particuliers qui proposent de l’hébergement et des visiteurs) : les hôtels en pâtissent, ainsi que des locataires, puisqu’il y a moins de logements à louer à long terme.

Voici d’autres mots-clés qui évoquent San Francisco pour moi: consultations populaires, activisme, droits de la personne, nouvelles technologies, temps frais, brume, restaurants, restaurants, restaurants (selon les guides touristiques, SF est la ville qui a le plus de restaurants par habitant), produits locaux, produits biologiques, produits équitables, produits issus du développement durable, jus de légumes verts, chou kalé, un café-au-lait-pas-de-lait-mais-avec-du-lait-de-riz-ou-du-lait-d’amandes-ou-du-lait-de-soya, produits sans gluten, produits végétaliens, yoga, sans-abris, manque de toilettes publiques, règlement interdisant les chaînes de magasins dans certains quartiers pour favoriser les entrepreneurs locaux, population blanche (moins de 6 % de la population de SF est noire), cardio poussette, plage, dynamisme, snobisme.

Le snobisme d’ici n’est pas lié à l’argent ou à la classe sociale, mais à l’ancienneté. San Francisco est une ville jeune, dont l’essor a été causé par l’afflux d’immigrants venus faire fortune durant la ruée vers l’or du 19e siècle, et elle attire encore des gens de partout. Je trouve très drôle de lire dans les rubriques nécrologique: « Mme Unetelle, San Franciscaine de 5e génération ». Cela prend au moins trois générations pour être digne de mention.

Un dernier mot, lourd de conséquences : jeux olympiques! San Francisco manifeste de l’intérêt pour accueillir les JO d’été de 2024. Un intérêt dévoilé cette semaine presque en catimini, par un simple communiqué de presse. Difficile d’imaginer Denis « Kodak » Coderre, le maire de Montréal, faire preuve de la même retenue…

 

 

Élections et transports

La semaine dernière, deux choses ont attiré mon attention. Premièrement, il y a eu les élections primaires mardi, élections où les gens votent notamment pour les représentants au Congrès, les sénateurs, le gouverneur, le ministre de la Justice et le lieutenant-gouverneur.

Il y a eu un gros scandale en mars, alors qu’un sénateur démocrate qui représente entre autres les électeurs de San Francisco, Leland Yee, a été arrêté par le FBI et accusé de conspiration dans le but d’importer des armes à feu illégales et d’avoir accepté des pots-de-vin. Une semaine après son arrestation, M. Yee a annulé sa candidature au poste de secrétaire d’État. Je ne sais pas s’il était trop tard pour refaire des bulletins de vote, mais, à la grande surprise des politologues, M. Yee est arrivé troisième avec 287 590 votes, ce qui représente un peu plus de 9 % des votes. Soit M. Yee a beaucoup d’amis, soit un grand nombre d’électeurs ne savaient pas qu’il a été accusé au criminel…

L’autre chose de notable la semaine dernière a été la perturbation des services de transports en commun de San Francisco. Les employés de la société de transport n’ont pas le droit de grève, comme tous les employés municipaux de San Francisco (dire que San Francisco est un bastion progressiste!). Afin de manifester leur désaccord du contrat de travail qui leur a été soumis et qu’ils ont massivement rejeté, des centaines d’employés sont soudainement tombés malades lundi, mardi et mercredi. Le problème, c’est que si les syndicats et la partie patronale n’arrivent pas à s’entendre avant le 15 juin, le contrat de travail échu est reconduit pour deux ans: adieu augmentations salariales!

Quand les employés du métro régional BART ont fait la grève l’an dernier, bon nombre de gens disaient « au moins à SF, ils ont pas le droit de grève! » Sauf qu’en cas de grève légale, les patrons et le public sont avertis à l’avance, ce qui réduit un peu (un peu) la pression. À mon avis, le droit de grève est couvert par la liberté d’expression et l’interdire a souvent des effets indésirables, comme on l’a vu la semaine dernière ici.

Heureusement, j’étais pas encore très en forme et je n’ai pas eu besoin de me déplacer durant l’une de ces journées.