Yabadabadou!

En ce jeudi 31 juillet, j’entame ma deuxième jeunesse : j’aurai 40 ans! Le Viking et moi partons donc pour une longue fin de semaine de célébration. Au programme : expériences culinaires probablement délicieuses, excusions en forêt, visites de vignoble, petite pause à la plage, musée…

à lundi!

Les bonnes intentions

Les bonnes intentions, jumelées à la rectitude politique chère à la région de San Francisco, ont parfois des répercussions inattendues. Démonstration en deux points.

1) Les vignettes de stationnement pour personnes handicapées

Depuis qu’on habite ici, le Viking et moi étions étonnés de constater qu’à chaque fois que nous allions magasiner au Ikea d’Emeryville, TOUTES les places de stationnement pour les personnes handicapées étaient prises, alors que nous croisions peut-être une ou deux personnes en fauteuil roulant.

En fait, les personnes détentrices de vignettes pour handicapés ont accès GRATUITEMENT, pour une durée ILLIMITÉE, aux places de stationnement régies par les parcomètres, à Oakland et à San Francisco. Au fil des ans, il s’est développé une vaste fraude de vignettes, quand ce ne sont pas les vignettes qui sont volées dans les voitures.

Récemment, trois personnes de San Francisco ont été arrêtées et accusées de fraude, de falsification de documents et de vol parce qu’elles auraient obtenu ces vignettes alors qu’elles ne sont ni handicapées, ni à mobilité réduite. Habituellement, les fautifs écopent d’une amende de 900 $, mais ceux-ci sont passible de quatre ans de prison.

Les chiffres sont affolants: il y a 29 200 places de stationnement régies par des parcomètres à San Francisco et… 60 700 vignettes pour handicapés. La Ville estime qu’elle perd en moyenne 20 millions de dollars chaque année à cause de cette gratuité. Et il est difficile de savoir qui est véritablement handicapé et qui ne l’est pas. Selon une étude de 2008, 45 % des places de stationnement à San Francisco étaient occupées par des véhicules appartenant à ces détenteurs de vignettes. Voilà une bonne intention qui a mal tournée.

2) La marijuana à usage médical

En Californie, il est légal de consommer de la marijuana à usage médical depuis 1996. Il suffit de se rendre dans un dispensaire et de rencontrer un médecin qui évalue votre demande (en gros, il suffit de dire qu’on éprouve de l’anxiété; franchement, qui n’est pas anxieux de nos jours?) et vous remet une ordonnance. Mais rassurez-vous, il y a aussi de « vrais malades » qui soulagent divers symptômes grâce à leur prise de marijuana.

La Ville de Berkeley est sur le point d’approuver un règlement pour forcer les dispensaires à donner 2% de leur marchandise aux personnes dont le revenu est de 32 000$ ou moins. Donner, comme dans « hey les gars, du pot gratis! »

Il aurait été trop simple de demander que 2 % des profits soient versés à une cagnotte pour financer une clinique où des soins de santé de base auraient été offerts gratuitement à ces mêmes personnes.

Il est pas sorcier de deviner que de nombreux échantillons vont être revendus au noir et que cette charité se fait au détriment de soins de santé mentale et de services sociaux dont les besoins sont criants dans la région.

 

Musique d’été

Si vous aimez écouter la radio sur le Web, je vous suggère d’aller regarder du côté de la webradio de Radio-Canada, pardons, d’ICI Musique, plus particulièrement la sélection intitulée Chanson/pop/Le temps des vacances. Le mélange parfait de chansons incontournables (C’est le temps des vacances de Pierre Lalonde, Salut les amoureux de Joe Dassin, Tous les palmiers de Beau Dommage, J’aime les filles de Jacques Dutronc); de chansons plus ou moins quétaines qu’on ADORE chanter à tue-tête (Ça fait rire les oiseaux de la Compagnie créole, Agadou de Patrick Zabbé, des chansons yéyé de Brigitte Bardot et de Renée Martel); des chansons plus récentes comme Jamais assez de soleil de Villeray, Tout nu sur la plage des Trois accords, Voilà l’été des Négresses vertes.

J’y ai entre autres écouté avec bonheur Dans ma Camaro de Steve Fiset, où il chante « Dans ma Camaro, je t’emmènerai sur tous les chemins d’été
Dans ma Camaro, je t’emmènerai à San Francisco
Soleil de plomb sur nos fronts brûlants
Nos cheveux longs flottants dans le vent
Et attention nous nous envolons comme des cerfs-volants »

Pour l’entendre sur You Tube, c’est ici.

Pour entendre Un air d’été de Pierre Bertrand, c’est ici. (« Prière de ne pas déranger je suis en vacances ») sûrement mon refrain préféré!

Pour entendre Y fait chaud de Zébulon, c’est . (« L’asphalte est chaude, les pied des petits voisins portugais le savent… couché dans mon bain avec de l’eau de la glace pis du vin… ») Je ne m’ennuie pas du Montréal que cette chanson décrit!

Pour entendre Le temps est bon, c’est ici.

Trop de zéros

Le San Francisco Chronicle d’hier avait en une un article sur l’essor des boutiques de luxe dans la région. Plus besoin d’aller dans les centre-ville pleins de gueux pour aller magasiner dans les boutiques de designer de mode branchés, les nouveaux riches peuvent aller magasiner dans des centres commerciaux des villes de banlieue, où les grandes marques ouvrent des magasins. Parmi les boutiques citées, il y a Prada, Burberry, Louis Vuitton, Cartier, Balenciaga, Christian Dior.

Mais, que je me suis dit, qui va magasiner dans ces boutiques? Un sac à main Louis Vuitton avec les fameux monogrammes coûte plus de 1300 $ US (vous pouvez voir ici, et moi, je les trouve affreux ces sacs!); une paire de chaussures Burberry, 1600 $US; un manteau de cuir Balanciaga, plus de 10 000 $, et j’arrête cette liste parce que ces prix me donnent le tournis.

J’ai trouvé la réponse plus loin dans l’article. Selon un sondage, il y aurait à San Jose, ville située à une heure de route plus au sud et dont la population est de 1 000 536 personnes… 237 946 millionnaires!

Bon, l’article précise qu’il y a aussi des millionnaires qui vont travailler en vélo vêtus de jeans et de t-shirts (vêtements peut-être griffés!) ou qui conduisent une « simple voiture hybride ».

Décidément, à défaut d’être millionnaire, j’enrichit tout de même mes connaissances!

Carnet vancouvérois

Ce que j’ai retenu le plus de mon passage à Vancouver? La côte ouest canadienne ressemble davantage à la côte ouest américaine qu’à la côte est canadienne. Il y a une ambiance un peu plus anglo-saxonne et plus « polie » qu’aux États-Unis (les Canadiens ont la réputation d’être tellement polis, c’est LE cliché des Américains sur les Canadiens), et la ville ressemble peu à Montréal ou Toronto.

Elle est dense, elle abrite une forêt de gratte-ciel commerciaux ou résidentiels, mais elle est à la fois près de la nature. Par exemple, nous nous sommes rendus à l’île Bowen en autobus et en traversier en environ 1h30. Il est possible aussi d’aller skier ou faire de la randonnée à Grouse Mountain, en face de Vancouver, en transport en commun. Ce qui la distingue de Toronto? La décontraction. Même les douaniers sont décontractés ici (mais pas leurs homologues américains de l’aéroport de Vancouver).

Par contre, ça manque d’esprit latin, comme à Montréal : ici, faire la fête dans les rues est une activité jugée subversive, toute fermeture de rue devant être approuvée par des citoyens. C’est ce que m’a confirmé mon hôte, alors que je m’étonnais de la présence d’un panneau indiquant qu’un rue du centre-ville allait être fermée… en août, alors que nous étions toujours à la fin de juin. Et comme je l’ai écrit précédemment, les rabais sur l’alcool durant une période déterminée dans les bars viennent tout juste d’être autorisés. Tout cela ne sont que des fragments anecdotiques, bien sûr, mais révélateurs de ce qu’est la vie à Vancouver. Le plein air prend le pas sur la culture, et pratiquer un quelconque sport est la norme.

Mais, vous me connaissez! Vacances sont synonymes pour moi d’expériences culinaires! On y mange très bien à petit, moyen ou gros prix! Il y a beaucoup de choix. Ceux qui aiment les sushis doivent aller à Vancouver, ils sont moins chers et les portions sont plus copieuses que dans la région de Montréal ou San Francisco.

Pour terminer, voici quelques photos :

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Plage du village de Steveston, où il y avait autrefois une importante conserverie de poisson.

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False Creek et le musée des sciences.

Maintenant, je comprends mieux l’attrait que cette ville exerce sur tant de gens. La ville est belle, propre, agréable, il y a de nombreux espaces verts, la mer et les plages… Bon, il pleut de novembre à juin, mais rien n’est parfait! Vancouver est une excellente solution de rechange à San Francisco!

Nouvelle rencontre

Je reviendrai sous peu vous raconter plus en détails mon séjour à Vancouver. En attendant, voici la photo d’une nouvelle connaissance, que j’ai rencontré sur l’île Bowen, un lieu de villégiature et de randonnée très sympathique et très joli.

Les insulaires sont détendus, tout comme mon nouvel ami. Il est tellement zen que je l’ai surnommé « Mellow Yellow », en hommage à la chanson de Donovan, que vous pouvez écouter ici.

mellow yellow

Carnet de musées

Cette première semaine a passé très vite. J’ai visité le centre-ville, un ancien village de pêcheurs appelé Steveston et l’île Bowen. J’ai assisté à des festivités du 1er juillet, une première depuis plus de vingt ans, et surtout, je marche beaucoup. Selon ma montre-podomètre, je marche un peu plus de 10 km tous les jours, ce qui fait que je conserve ma taille de jeune fille malgré une consommation appréciable de raviolis chinois et de nouilles japonaises.

La Californie a une importante population d’origine latino-américaine; selon les données de l’an dernier, à partir de cet été ce groupe surpassera celui des « blancs ». Ici, à Vancouver, c’est la population d’origine asiatique qui est très présente. il y a donc très peu de petits restos latinos, mais une grande quantité de petits restos chinois, japonais, coréens pas chers et où on mange bien. J’en profite!

Dimanche, mon hôte G. et moi sommes allées au musée d’anthropologie situé dans le campus de l’Université de la Colombie-Britannique. Il contient des objets liés aux 19 nations autochtones de la province ou provenant d’autres cultures autochtones de l’Asie, de l’Océanie, de l’Afrique, de l’Amérique centrale ou du Sud. Cela vaut la peine d’y aller, à la fois pour le musée et pour l’endroit : le campus de UBC est sur une pointe qui donne sur l’océan et c’est très boisé, très calme.

IMG_1020IMG_1021IMG_1023La semaine dernière, je suis allée visiter la Vancouver Art Gallery. J’étais un peu déçue puisque le prix d’entrée est élevé et qu’il y avait une exposition qui ne commençait que le lendemain, ce qui fait que je suis restée que deux heures, en prenant tout mon temps.

L’exposition la plus intéressante est celle de Douglas Coupland, everywhere is anywhere is anything is everything. Je savais qu’il était un artiste, mais comme il écrit aussi des romans et des essais, je ne savais pas que les arts plastiques étaient en fait son activité principale. Peinture, sculpture, photographie, collages, installations ready-made et multimédias: l’expo était très éclectique et cela m’a beaucoup plu. Coupland offre une réflexion intéressante sur l’identité canadienne et sur l’identité numérique. Il y a une salle où trois murs comportent des slogans liés à la culture numérique:

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IMG_1010(Les gens en santé sont une mauvaise chose pour le capitalisme.)

Et voici une dernière affiche, dédiée au viking.

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La banlieue nord-américaine selon Coupland :

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