Aloha! (Bonjour!)

Le Viking et moi avons passé une très belle semaine à Hawaï. J’étais un peu anxieuse : le Viking a peu l’habitude d’être immobile sur une plage, et encore moins l’habitude de patauger dans un plan d’eau. Mais comme il avait accepté en début d’année ma proposition d’aller à Hawaï avant la fin de l’année, il avait pas tellement le choix… Nous nous sommes bien amusés, et tout aussi important, nous avons bien mangé toute la semaine!

Avant de vous raconter plus en détails notre semaine dans un billet ultérieur, je publie quelques photos pour vous mettre dans l’ambiance.

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Dans la cour de notre chalet, il y avait un lagon, où il était très agréable de se baigner.

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Derrière le lagon, la plage. Photo prise depuis la cuisine.

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Une route panoramique qui valait le détour sur la côte Hamakua.

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Cette plante, que je n’avais vu qu’en pot au Québec, pousse jusqu’à devenir un arbuste. J’ai vu de belles haies faites que de ces plantes.

Je voudrais que tu soy….

… hawaïenne! En effet, depuis une semaine, trois vers d’oreille nous paralysent le cerveau :

Hawaïenne des Trois Accords (cliquez ici);

-Tous les palmiers de Beau Dommage (cliquez );

-La chanson thème de la série Hawaii 5-O! (cliquez ici)

Perspicaces lecteurs, vous avez déjà devinés que nous allons passer une semaine à Hawaï. Deux visages très pâles en goguette dans le Pacifique, ce sera une première pour nous deux! N’ayez craintes, nous allons apporter suffisamment de crème solaire pour survivre une semaine sous les tropiques. Au menu : plage, visites de volcans éteints ou actifs, dégustation de fruits de mer, poissons, et fruits tropicaux!

Départ ce samedi et retour le 28 septembre!

L’Écosse aux Britanniques

Le Viking et moi avons regardé les résultats hier du référendum en Écosse en direct, il y avait pas mal de journalistes qui ont « twitté » toute la nuit, les pauvres, et nous avons vu les résultats officiels à 5h30 du matin, heure d’Édimbourg : 55 % non, 45 % oui. Nous étions déçus. Je crois beaucoup au droit des peuples à l’auto-détermination, et j’imaginais une cascade de dominos de l’indépendance: d’abord l’Écosse, la Catalogne, le Québec, la Belgique flammande… Je peux bien vous dire aussi que j’approuve la nation Attikamek de Wemotaci qui a lu une « déclaration de souveraineté » et qui veut avoir son mot à dire en matière d’exploitation de son territoire.

Je laisse le mot de la fin à notre poète national, Gaston Miron :

Retour à nulle part

Partir de rien, parce qu’on n’est rien d’autre
alors, où est-ce qu’on va, qu’est-ce qu’on fait
errant en ce peuple, et dans sa langue errante
ce peuple qui n’en finit plus de ne pas naître

C’est rien qu’un jour, un jour de plus
ou de moins, dans notre vie, où le vent
est un vent qu’on ne démêle pas de l’âme
et sans lui le corps ne tient pas debout

Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver
Nous entrerons là où nous sommes déjà

Car il n’est pas question
de laisser tomber notre espérance

 

Pour entendre la version chantée par Yves Lambert, c’est ici.

 

Le choix de l’embarras

Le choix de l’embarras, c’est le titre du second album de David Marin, un auteur-compositeur-interprète très talentueux. C’est la phrase qui m’est venue à l’esprit lorsque j’ai lu il y a quelque temps qu’il y a encore quinze candidats pour le poste de maire ou mairesse d’Oakland, élection qui aura lieu en novembre!

La mairesse Jean Quan est pas mal contestée. Elle a hérité d’une ville durement touchée par la crise de 2008; la crise hypothécaire a enlevé des revenus à la ville (vous manquez quelques paiements hypothécaires et la banque vous reprend la maison; les banques n’étaient pas tellement pressées de payer les taxes foncières, bien des villes ont perdu beaucoup d’argent); hausse de la pauvreté égale hausse de la criminalité; de plus, lors d’Occupy Okland en 2011, la mairesse au passé gau-gauche a été « trop molle » avec les manifestants qui ont occupé le centre-ville pendant deux mois; plus récemment, c’est l’histoire d’un contrat de cueillette des ordures qui est controversée.

En effet, la Ville, à l’encontre de l’avis de ses fonctionnaires, a octroyé un contrat de dix ans à California Waste Services (CWS) pour la cueillette des ordures, des matières recyclables et compostables et leur traitement. Cette entreprise a son siège social à Oakland. Le problème, c’est que Waste Management avait été la seule société soumissionnaire d’un appel d’offres. La Ville a ensuite fait rouvrir l’appel d’offres pour permettre à CSW de déposer une proposition pour la cueillette des matières recyclables, le seul service qu’elle fournit à Oakland. Puis, l’appel d’offres a été modifié pour que CWS y participe dans tous les secteurs; elle a remporté la totalité de l’appel d’offres (déchets, recyclage, compostage). Le conseil municipal est divisé sur la question, d’autant plus que CWS ne respecte pas une clause exigeant que les sous-traitants de la Ville ne fassent pas affaire avec des sociétés de l’Arizona, parce que cet État n’accorde pas aux conjoints de même sexe les mêmes avantages sociaux que les conjoints hétérosexuels. Bref, le diable est aux vaches et Waste Management poursuit la Ville pour un milliard de dollars. Selon elle, la Ville a entre autres fournit des données confidentielles de Waste Management à sa concurrente pour qu’elle remporte l’offre.

Si je vous dis que parmi les 14 adversaires de la mairesse, il y a deux conseillères municipales et l’ancienne vérificatrice générale de la Ville, qui a démissionné de ses fonctions pour se présenter à l’élection, vous comprendrez vite que ça grenouille très fort à la mairie.

Pourquoi tant de candidats? Ils espèrent faire comme Jean Quan et se faufiler au poste de maire parce que l’élection est « à numéro », les électeurs inscrivent sur leur bulletin un ordre de préférence. Mme Quan n’avait pas eu assez de première place, mais les deuxième et troisième places étaient suffisamment nombreuses, ce qui lui a donné la victoire. C’est rendu que certains candidats, comme Rebecca Kaplan, disent « réservez-moi votre deuxième place ».

Nous n’avons pas le droit de vote, le Viking et moi, alors nous regardons cela que d’un oeil, d’un oeil tout de même intéressé.

La Californie aux Californiens

Les lecteurs assidus de ce blogue se rappellent peut-être avoir lu qu’il y a quelques mois un homme a proposé de diviser la Californie en six États. Tim Draper est un milliardaire, et sa démarche est simple : il veut diviser la Californie en six États pour éviter que San Francisco et San Jose, qui seraient dans son plan dans l’État de Silicon Valley, « payent » pour les régions « plus pauvres » que sont la vallée centrale et le nord de la Californie.

La Californie a des règles précises pour qu’un projet soit soumis à une possible consultation populaire (référendum). D’abord, le projet doit recueillir un nombre suffisant de signature valides, c’est-à-dire d’électeurs inscrits. Les signatures sont vérifiées pour éliminer les doublons et les fraudes. Un échantillon de 3 % des signatures obtenues dans tout l’État est d’abord vérifié. Si dans cet échantillon aléatoire de 3 % de signatures, il y a moins de 70 % des signatures qui sont valides, la proposition est rejetée. C’est ce qui s’est produit cette semaine. Les organisateurs avaient remis à l’organisme responsable de la vérification 1,13 million de signatures. Le minimum de signatures valides est de 807 605, et selon les vérifications faites, il en aurait eu 752 685. Si l’échantillon avait eu au moins 95 % de signatures valides, il y aurait eu une vérification complète des 1,13 millions de signatures.  Mais selon les données publiées vendredi, l’échantillon analysé ne contenait que 61,4 % de bonnes signatures.

Tim Draper est furieux et dit vouloir aller en cour pour s’attaquer à des lois « archaïques ». Un autre cas classique d’un homme puissant qui pense que les lois et les règlements, ce sont pour les autres.

Mon opinion là-dessus? Je pense que ce projet n’a aucune chance d’aboutir. L’argent est un facteur puissant de sécession ou d’adhésion politique, mais seul, il ne suffit pas. De plus, en cette période de sécheresse (qui semble s’étirer vers une 4e année), il y aurait des États complètements secs, et il faudrait mettre en place des marchés de l’eau pour répondre à la consommation de six États aux ressources aquifères très dissemblables. Ce seul problème de l’eau engendrerait des guerres de clochers supplémentaires : les droits d’approvisionnement en eau ici sont une grave source de conflits, entre ceux qui ont des « droits acquis » et ceux qui veulent acheter plus d’eau, mais ne le peuvent pas.

Même si un référendum sur cette question avait une issue favorable à la création de six États, il faudrait que l’Assemblée législative et le Sénat de la Californie soient d’accord pour amender la Constitution de l’État.

Je ne vous conseille pas de parier là-dessus, contrairement à une possible indépendance de l’Écosse ou de la Catalogne!

L’Écosse aux Écossais?

C’est jeudi prochain qu’aura lieu le référendum sur l’indépendance de l’Écosse, qui fait partie de la Grande-Bretagne depuis 1707. J’ai lu quelques articles et j’ai eu une « sensation de déjà vu ».

Du côté du non :

On parle de la baisse de la livre sterling; de la fuite des capitaux; du déménagement de sièges sociaux de banques à Londres; des aristocrates tremblent à imaginer qu’une fois au pouvoir, les « séparatistes » leur imposeraient une taxe spéciale sur leurs châteaux et leurs immenses domaines (la moitié de terres privées appartient à.. 432 personnes) ou, pire encore, qu’ils se débarrasseraient de la Reine comme chef d’État. (Pour lire l’article et voir de jolis roux en kilt, chose à laquelle je ne peux résister, c’est ici)

Vous souvenez-vous du « love-in » de 1995, alors que des milliers de Canadiens étaient venus à Montréal proclamer leur amour du Canada? Eh bien, aujourd’hui il y a eu le « Westminster Express », alors que des élus britanniques de différents partis (mais surtout des travaillistes) ont pris le train du matin pour se rendre à Glasgow et demander aux Écossais de voter « non ». J’ai trouvé très drôle la légende photo intitulée « L’Empire contre-attaque ».

Du côté du « oui »:

  • L’Écosse indépendante ferait partie du G-20, les 20 pays les riches de la planète, et, toutes sources de revenus confondues, surpasserait la Grande-Bretagne: elle serait classée au 14e rang, et la G.-B, au 18e rang;
  • L’exploitation des ressources naturelle assurera la prospérité du pays, notamment l’exploitation du pétrole de la mer du Nord, qui pourrait assurer des revenus de 242 milliards d’euros sur 30 ans;
  • La moitié des pays du globe ont une population inférieure à celle de l’Écosse : notre pays ne serait pas trop petit!
  • Rupert Murdoch, le magnat de la presse en Australie, aux États-Unis et au Royaume-Uni, est passé dans le camp du « oui » et ses journaux, dont le Sun, publient des articles négatifs sur la campagne du « non ».

Quelques faits (neutres) :

  • Les Écossais sont au nombre de 5 254 800 selon le dernier recensement de 2011;
  • 97 % de la population adulte est inscrite sur la liste d’électeurs (wow!);
  • Contrairement  aux référendums de 1980 et de 1995 au Québec, la question est directe : « L’Écosse devrait-elle être un pays indépendant? » Par contre, le gouvernement écossais n’a aucune obligation de déclarer l’indépendance à la suite d’un résultat favorable, ni même d’entamer des négociations avec le parlement britannique.
  • L’université est gratuite en Écosse (comme en Finlande, on peut être un petit pays et avoir assez d’argent pour éduquer ses citoyens sans qu’ils s’endettent).

Bref, c’est avec un grand intérêt que j’attend ce résultat la semaine prochaine!

Si vous voulez améliorer votre compréhension de l’accent écossais, voir la publicité du camp du oui ici.

 

Chronique légère du vendredi

Pour vous remettre un peu du billet précédent, plus sérieux et politisé, voici la Chronique légère du vendredi.

1) Football, argent et stade : la sainte trinité automnale

Oui, l’automne approche, la saison du football (américain) est commencée. Je vous parlais il y a quelques temps du nouveau stade des 49ers de San Francisco, qui est à Santa Clara, près de San Jose. Ce matin, dans le journal, j’ai eu le « bonheur » de lire que selon un classement de la NFL, les spectateurs du stade Levi’s de Santa Clara sont ceux qui paient le plus cher pour assister à ce qui n’est plus un amusement de prolétaires. Combien, selon vous, coûte une partie de football pour une famille de quatre personnes? Le « forfait » calculé par le NFL comprend quatre billets, deux bières, quatre boissons gazeuses, quatre hot-dogs, deux programmes, le stationnement et deux casquettes pour adulte : 641, 50$!!!!!!!

Un éditorialiste écrivait récemment qu’il craignait que le sport professionnel soit devenu tellement cher qu’il ne perde son futur public, celui des enfants qui seront adultes dans 20 ans. Puisque cela coûte si cher d’amener un jeune au football, le stade sera rempli de « vieux » cette année et dans 20 ans, il sera rempli de vieux encore plus vieux. Comme disaient les hippies, « toutte est dans toutte », il doit y avoir un lien entre ce coût record et le fait que San Jose abrite une concentration étonnante de millionnaires.

2) Les périls de la chirurgie esthétique

L’actrice et humoriste américaine Joan Rivers est décédée hier. En voyant sa photo dans le journal ce matin, je me suis dit : Tiens, on dirait qu’elle avait le même chirurgien que Janette Bertrand! (J’adore Janette, mais mon coeur se serre quand je pense qu’elle aussi souffre de ne pas avoir l’air plus jeune). Et les deux ont plus de 80 ans sur ces photos…

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Joan Rivers

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Janette

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Crystal Montgomery dans Le Coeur a ses raisons, une synthèse des deux autres!

 

Histoires américaines

Trois faits divers ont attiré mon attention ces dernières semaines, trois histoires tristes qui semblent n’arriver que pour le bonheur des amateurs de la chronique « Aux États-Unis et nulle part ailleurs ».

1) Une mère seule l’été

Vous êtes une mère, chef de famille monoparentale, et habitez en Caroline du Sud. C’est l’été, vous travaillez fort pour un salaire de misère dans un McDonald’s et votre fille de 9 ans est en congé. Vous n’avez pas d’argent pour l’envoyer à la garderie ou dans un camps de jour. Que faire? Pendant un certain temps, vous installez votre fille avec un ordinateur portable à une table et vous la laissez jouer là. Puis, à cause d’un cambriolage, vous perdez cet ordinateur. Votre fille vous demande de la laisser aller au parc tout près de votre lieu de travail. Vous acceptez : il y a d’autres parents, des enfants, des jeux d’eau, un bénévole qui vient offrir des repas gratuits aux enfants le matin et le midi. Un jour, une femme demande à votre fille où est sa mère. C’est ainsi que vous vous retrouvez sans emploi, emprisonnée durant 17 jours et sans fille, puisqu’elle a été placée par les services sociaux. Vous risquez 10 ans de prison si on vous juge coupable de négligence envers votre enfant. Vous êtes noire.

2) Un jeu mortel

Vous avez sûrement entendu parler de cette triste histoire d’un instructeur de tir tué accidentellement par une fillette de neuf ans en Arizona (résumé de La Presse ici). Il tentait de lui montrer à tirer avec un Uzi, une arme semi-automatique puissante, laquelle peut tirer 600 balles à la minute. L’Arizona est l’un des 21 états américains où il n’y a pas de loi qui empêche un enfant de moins de 18 ans de manier une arme à feu. Jusqu’à présent, les parents n’ont été accusés de rien. Les parents sont de race blanche.

3) Une accumulation d’erreurs

La dernière histoire s’est passée à San Francisco il y a deux semaines. Par un beau samedi soir, une jeune femme de 25 ans sort d’un cinéma avec deux enfants de deux ans, un garçon et une fillette, des jumeaux qui sont ses neveux. Elle parle au téléphone et s’apprête à traverser la rue à un passage pour piétons. Elle n’appuie pas sur le bouton d’appel. Elle tient la main de la petite fille. Elle réalise qu’elle ne tient pas la main du garçon, resté sur le trottoir. Elle laisse la fillette dans la rue le temps d’aller chercher la garçon. Le feu est rouge pour les piétons et vert pour les voitures qui circulent vers l’est ou vers l’ouest sur la rue Mission. La petite fille se fait happer par une voiture blanche, dont on n’a pas encore retrouvé le conducteur ou la conductrice, et meurt. La jeune tante est accusée d’avoir mis un enfant en danger. Elle est emprisonnée parce que personne dans sa famille n’a les moyens de payer les 250 000 $ de caution. Ces gens sont noirs.

Ces trois histoires m’ont touchées et mises en colère. Je crois sincèrement que le système de justice américain est encore raciste. Je suis sûre que si on demande aux procureurs en cause dans deux de ces histoires s’ils sont racistes, ils répondront que non, ils ne font qu’appliquer la loi. Or, je pense qu’il y a un gros fond de racisme et d’intolérance là-dedans, du type « je ne fait qu’appliquer la loi, qu’ils apprennent à tenir leur place les (insérez, au choix) [noirs] [asiatiques] [latinos] [drogués] [mères célibataires noires], etc.

Les faits le prouvent : si les minorités visibles constituent 30 % de la population américaine, ils constituent 60 % de la « clientèle » des prisons. En 2012, on estimait qu’environ un homme noir sur trois risque d’aller en prison à un moment ou l’autre de sa vie et que si un patrouilleur fait un contrôle routier, les Noirs et les Latinos sont trois fois plus susceptibles de se faire fouiller que les Blancs.

Et peu importe quelle est votre couleur de peau : restez poli si vous croisez un policier aux États-Unis et gardez vos mains bien en vue dudit représentant de la loi.