Avec le temps….

« Avec le temps » chantait Léo Ferré. J’ai pensé à ce titre en regardant des photos de quatre soeurs, qui ont été photographiées chaque année depuis presque 40 ans par le mari de l’une d’elle. Ces photos sont publiées sur le site du New York Times, ici. Si vous ne lisez pas l’anglais, ce n’est pas grave. Les photos sont superbes et émouvantes. J’aimerais bien les voir en grand format dans une exposition.

Voilà de superbes images de vraies femmes. Vous remarquerez que plus le temps passe, plus les soeurs se rapprochent, se touchent, s’enlacent et forment un bloc uni, contrairement aux premières photos de leur jeunesse où elles semblent soucieuses de se distinguer les unes des autres.

Un beau projet artistique et philosophique.

Question de sucre et d’argent

La semaine prochaine, il y a une élection à San Francisco; non pas pour la mairie, mais pour quelques postes de conseillers municipaux et de conseillers scolaires. Par la même occasion, les citoyens doivent se prononcer sur 12 propositions, la plupart ayant un aspect économique. En effet, les gouvernements locaux doivent avoir l’approbation des deux-tiers de l’électorat avant d’adopter une taxe ou une hausse de taxe ciblée. Sinon, l’argent va dans le budget général de la ville et il est ainsi plus difficile de déterminer si l’argent amassé sert à ce qu’il devait servir.

Parmi les 12 propositions, l’une qui a fait couler beaucoup d’encre est la Proposition E, appelée familièrement « taxe sur les boissons gazeuses ». Une taxe de deux sous par once de boisson sucrée serait imposée aux DISTRIBUTEURS. C’est une distinction importante, qui avait échappé à mon attention jusqu’à ces dernières semaines. En effet, les sociétés multinationales comme Pepsi et Coca-Cola n’ont cessé de marteler le message « San Francisco est une ville chère, et ce sera encore plus cher pour les ménages d’y vivre à cause de cette taxe ». Je croyais, et bien d’autres sont tombés dans le panneau, qu’il s’agissait d’une taxe à la consommation, perçue à l’achat, mais non!

Vous savez pourquoi j’ai eu cette impression? Parce que l’American Beverage Association a dépensé jusqu’à présent plus de 9 millions USD pour que les citoyens de San Francisco votent « non ». La ville compte un peu plus de 850 000 personnes, cela fait beaucoup d’argent pour une taxe sur la distribution de boissons sucrées comme les boissons gazeuses, les thés glacés, en fait, tout ce qui contient du SUCRE AJOUTÉ (ou ses cousins sirop de maïs, fructose, sucrose, sucralose et tous les édulcorants). Le lait et les jus faits de fruits pressés ou de concentrés ne sont pas visés par cette proposition.

L’argent amassé sera versé dans un fonds pour financer des projets de la ville, ou des subventions que la ville pourra octroyer à des projets liés à l’activité physique, la nutrition, la santé, notamment en milieu scolaire ou dans des milieux qui ciblent les enfants et les jeunes. La ville pense récupérer ainsi quelque 30 millions USD par an. Dans la proposition, on explique que 17,2 % des enfants et des adolescents de la ville consomment plus de deux verres d’une boissons sucrée par jour et qu’en moyenne, un enfant san franciscain consomme 11,96 cuillères à thé de sucre ajouté dans des boissons sucrées chaque jour, ce qui est bien au-dessus de ce qui est recommandé dans une alimentation équilibrée.

Les coûts annuels liés à l’obésité en Californie seraient de 21 milliards USD. Il est plus que temps d’aller récupérer quelques millions dans les poches de ces sociétés multinationales qui savent si bien nous laver le cerveau.

 

Une fausse bonne idée d’Apple…

En fin de semaine, deux choses ont attiré mon attention. La première, c’est que la société Apple affirme que dès janvier, probablement dans le but d’attirer et de retenir des employées, elle payera les frais de cueillette et de congélation d’ovules des femmes qui désirent recourir à ces procédures. L’idée réelle derrière ce service? Si les femmes misent sur leur carrière et repoussent la maternité le plus tard possible, elles pourront quand même avoir des enfants grâce à cette réserve d’ovules.

Il paraît que Facebook a déjà commencé à offrir « ces avantages sociaux ».

Hum, les gars? (Personne ne s’imagine qu’une femme a proposé ces trucs là!) Vraiment, vous n’avez pas relu votre communiqué de presse avant de le publier? Personne n’a osé vous dire : « Patron, on va faire des rapprochements avec le roman Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley! » (Ce roman de science-fiction se déroule dans une société où les humains sont créés en laboratoire et où des castes d’humains sont programmées à un destin précis.)

Comme le faisait remarquer une journaliste du Chronicle samedi, Apple n’offre pas de service de garde en milieu de travail, un service qui serait probablement bien plus apprécié de ses employÉES et de ses employÉS. Par contre, Facebook offre un service de garde en milieu de travail… pour les chiens!

La seconde chose qui a attiré mon attention?

Dans un reportage publié dans le cahier Voyages, un journaliste nous parle de la beauté et de la singularité de Stockholm, la capitale de la Suède. Attablé dans un café, il entame la conversation avec un homme qui fait partie des « papas café au lait ». En effet, la Suède offre aux parents 390 jours de congés parentaux qu’ils peuvent prendre aux moments jugés opportuns jusqu’à ce que l’enfant ait 8 ans. Et les papas? Congés parentaux, avons-nous dit : les papas doivent prendre au moins 60 jours de ces congés. Voilà qui explique ce joli surnom donné aux papas qui vont au café du coin avec leur bambin; selon le journaliste, les poussettes « encombrent » les cafés. (Mais il avait l’air de trouver cela plus sympathique qu’encombrant!)

Monsieur Cook, le PDG d’Apple, devrait aller passer du temps en Suède au lieu d’aller en Irlande. Il verrait que la notion de bien-commun propre aux pays scandinaves donne d’excellents résultats.

Bibliothèque communautaire

Vous savez tous à quel point j’aime la lecture, les livres, les magazines, les journaux, le papier. J’aime particulièrement les bibliothèques publiques, synonymes pour moi de tranquillité, de découvertes et d’air climatisé!

Il y a deux ans, j’avais lu dans Le Devoir une chose formidable, sur un Américain qui construit de petites bibliothèques à poser sur la voie publique, une idée qui suit son cours depuis 2009. Une règle simple : Empruntez un livre, rapportez un livre. J’étais conquise! Elles s’appellent les « Little Free Library », Petite bibliothèque gratuite; notez qu’il n’y a que les Américains pour préciser qu’une bibliothèque est gratuite!

Or, voilà que la semaine dernière, alors que le Viking et moi revenions au bercail après avoir mangé de bons sushis, j’arrive pile devant une de ces bibliothèques, la première que je voyais « pour de vrai ». Je n’en suis pas sûre, mes souvenirs sont flous, mais j’ai peut-être poussé un cri de joie en tapant des mains tout en sautant (de joie) sur place quand je l’ai vue! Oui, amis lecteurs, l’enthousiasme ne me manque pas quand il s’agit de livres!

Me voici en train d’examiner les rayonnages : petite-biblio Depuis, je rêve d’en poser une devant notre immeuble. On peut en commander une toute faite ou commander les plans.

Le site officiel, en anglais, est ici, si vous voulez en savoir davantage sur ces jolies bibliothèques communautaires.

Cliquez ici pour admirer des photos de ce phénomène maintenant mondial.

Et si j’en crois ce blogue, la première bibliothèque du genre à Montréal a été inaugurée dans notre ancien quartier, Rosemont-Petite-Patrie (oui, Le Plateau, c’est dépassé!)

Souvenez-vous, nous ne sommes jamais seuls quand nous lisons un bon livre…

Allez les filles!

Ce matin, j’ai failli m’étouffer avec une gorgée de café. Je lisais un article du journal de dimanche, dans lequel on rapportait la réponse de Satya Nadella, le chef de la direction de Microsoft, à la question « quels conseils donnez-vous aux femmes qui veulent faire progresser leur carrière mais qui hésitent à demander une promotion ou une augmentation? »

Son conseil? « Faites confiance au système qui vous récompensera à mesure que vous évoluerez ».

Ah, la bonne blague! Paraît qu’il s’est excusé par la suite.

L’article mentionnait quelques statistiques intéressantes :

-Au moment d’accepter un emploi, les hommes sont huit fois plus susceptibles que les femmes de négocier leur salaire;

-En moyenne, aux États-Unis, les femmes travaillant à temps plein gagnent 78 sous pour chaque dollar gagné par les hommes;

-Les femmes du secteur informatique gagnent  en moyenne 6353 $US de moins par an que les homme du même secteur. Les mamans ont une « pénalité » encore plus élevée et gagnent 11 247 $ US de moins que les hommes.

-Les femmes forment environ 17 % des membres des conseils d’administration des sociétés américaines; tout un contraste avec la Norvège, où elles sont 40 %.

J’ai conservé un numéro du magazine The Atlantic de mai 2014. L’article en une s’intitule Closing the Confidence Gap (Combler l’écart de confiance). Écrit par deux journalistes (femmes) de renom, l’article comprend des résultats d’études psychologiques (les femmes sous-estiment leurs résultats; les hommes surestiment leurs résultats) et des situations qui m’étaient si familières que je me demandais si les auteures lisaient dans mes pensées! Un passage m’a particulièrement intéressé :

« Un examen des dossiers des membres du personnel a révélé que les femmes qui travaillent à HP (Hewlett-Packard) postulaient pour obtenir une promotion seulement lorsqu’elles croyaient avoir 100 % des qualifications du poste. Les hommes postulaient sans complexe lorsqu’ils avaient 60 % des exigences demandées. »

La morale de ce billet? S’il faut laisser « au système » le soin de nous « récompenser », les femmes gagneront toujours moins que les hommes, parce que ceux-ci n’ont pas peur de demander ce qu’ils croient être leur dû, même s’ils se surestiment. De plus, les dominants ne cèdent rien aux dominés sans pression!

Allez les filles! Que ce soit dans la zumba ou le travail, on fonce!

Une Jackie sous le soleil

Résumé de l’épisode précédent : Jackie et le Viking ont passé une semaine de vacances à l’île d’Hawaï du 20 au 28 septembre. Voici quelques faits saillants de cette semaine.

1) De la bière locale, y’a que ça de vrai!

Le Viking a bu au moins deux bières d’Hawaï, dont celle-ci :

2014-09-23 13.48.37

Toutefois, la renaissance de la cuisine hawaïenne se déroule principalement à Honolulu, sur l’île d’Oahu, où les bières de microbrasseries et les bons cocktails sont à la mode. Tiens, ça me donne une idée de destination vacance…

2) Gastronomie et volcan

Il fallait y penser, pourquoi ne pas observer un volcan en éruption tout en mangeant un bon repas? Voilà un concept qui semblait prometteur. Au Parc national des volcans, il y a un volcan, le Kilauea, qui est en éruption continue depuis 1983. Depuis la salle à manger du Volcano House, on voit la lueur orangée qui émane du cratère (cliquez ici, la photo semble un peu « arrangée avec le gars des vues », mais ça vous donne une idée de ce que c’est). Une fois par heure, les lumières sont fermées durant quelques minutes pour qu’on puisse bien voir le volcan. Notre voisine avait raison : c’est sympa, mais la nourriture est un peu décevante, on paie davantage pour la vue que pour la nourriture, même si le menu contient tous les mots qu’il faut: nourriture locale, fraîche, biologique, équitable, saisonnière, etc, etc. Mais c’est l’exécution qui laisse à désirer.

3) Plages inusitées

Hawaï est une île volcanique et nous avions loué un chalet dans la région de Puna, qui comporte principalement des plages de roche volcanique. Imaginez-vous une plage couverte de ce qui ressemble à des briquettes de barbecue bien noires, voilà à quoi ressemblait « notre plage » à Kapoho.

Tout au sud de l’île, il y a la plage de Punalu’u, qui compte du sable noir (voir ici) et ci-dessous : 2014-09-22 17.05.48Il y aussi une plage de sable vert; quand j’ai lu qu’il fallait laisser la voiture le bord d’une route et marcher presque une heure pour y accéder, j’ai jugé que nous avions autre chose à faire que d’essayer d’attraper une insolation.

À Hilo et près d’Hilo, il y a de belles plages de sable blanc. Nous avons beaucoup aimé la page de Onekahakaha, idéale pour les familles avec enfants, puisqu’une digue de gros rochers fait en sorte qu’il y a peu de courant.

4) La vie de pacha

Le Viking et moi n’étions jamais allés dans un centre de villégiature dans « le Sud ». La vie dans un « tout-inclus », connaît pas! J’avais proposé au Viking de nous rendre dans un restaurant d’une chaîne hôtelière de la côte ouest de l’île; il m’a convaincu d’y passer la nuit. Je ne sais pas si nous irons une autre fois dans ce genre d’endroit, mais pour 24 heures, c’était très agréable! Nous avions une chambre avec vue partielle sur l’océan; l’hôtel a une superbe plage (accessible à tous, heureusement), et la cuisine était délicieuse.

2014-09-25 13.10.26

Mais comme nous étions dans un « rien-d’inclus », nous ne sommes restés qu’une journée!

En conclusion, nous avons passé une belle semaine de vacances qui en valait bien deux tellement nous avons décompressé. Pour ceux qui aiment le soleil et la plage, l’archipel d’Hawaï est une superbe destination durant toute l’année. Et comme ici à San Francisco, les plus beaux mois pour y aller sont septembre et octobre.

 

Un Viking sous le soleil

Résumé de l’épisode précédent : Jackie et le Viking ont passé une semaine de vacances à l’île d’Hawaï du 20 au 28 septembre. Voici quelques faits saillants de cette semaine.

1) Chaud, le soleil, chaud!

Temps d’exposition nécessaire pour attraper un coup de soleil à Hawaï sur une peau de vampire : trois minutes! C’est pour cela que Jackie s’est baignée en maillot et t-shirt de sport toute la semaine. Mais elle a beaucoup aimé les petites bouteilles d’écran solaire de Neutrogena de 40 ml, suffisamment petites pour être glissées dans une pochette à cosmétiques (pour les dames) ou dans une poche (pour les messieurs).

2) La nourriture locale, y’a que ça de vrai!

Question de se mettre au diapason de la population, durant une escale à Honolulu, Jackie a commandé son premier mai tai à vie, un mélange de rhum, de jus d’ananas et de sirop de grenadine. Pas mal comme drink de fille!2014-09-20 12.26.35

Nous n’avons pas mangé de Spam, la spécialité locale. En fait, il existe principalement deux cuisines hawaïennes : la cuisine traditionnelle, où les fruits frais, les poissons et les fruits de mer abondent, et la cuisine hawaïenne américanisée, qui comprend du Spam (oui, ce jambon en boîte que je n’ai pas mangé depuis environ 25 ans) et toutes sortes de choses frites et salées. Hawaï est un carrefour culturel et culinaire où des influences américaines, chinoises, japonaises et mêmes portugaises sont bien présentes dans l’assiette. Si vous aimez le poisson, vous pouvez en commander sans crainte, il est bien apprêté et frais partout, même dans les bouis-bouis beaux-bons-pas-chers.

3) Les étoiles, les étoiles….

La plus belle activité que nous avons faite a été de se rendre au Mauna Kea, une montagne de 14 000 pieds, où il y a plusieurs télescopes gigantesques exploités par plusieurs pays, dont le Canada. Bien des gens paient des excursions privées pour se rendre au sommet. Par contre, au centre des visiteurs, à 9000 pieds d’altitude, il y a tous les soirs une activité gratuite d’observation du ciel. Selon les guides, il n’y a pas suffisamment d’oxygène à 14 000 pieds pour que nos yeux perçoivent autant d’étoiles qu’à 9000 pieds; j’ai été très contente d’apprendre cela, parce que nous avions décidé de ne pas aller au sommet à cause de mon asthme. Or, voilà que nous avions une meilleure vue que tous les touristes japonais emmitouflés dans des combinaisons oranges (qui ressemblaient aux tenues de prisonniers américains)! Nous étions plus haut que les nuages, le ciel était vraiment sans lumière, et nous pouvions voir Mars et la Voie lactée à l’oeil nu! Bon, c’était un peu frisquet (4 ou 5 degrés Celsius), mais moi j’avais un bon manteau!

2014-09-23 16.32.46

Photo prise à environ 6000 pieds d’altitude. Le sol est de la roche volcanique.

Voici la preuve que nous étions presque dans l’espace:

2014-09-23 17.24.00

 4) Les lézards, nos amis

Nous avions des colocataires petits et discrets, des lézards de la famille des geckos (« gé-ko ») qui se chargeaient de manger de minuscules insectes. Comment je le sais? Comme les lézards étaient eux-mêmes minuscules, ils ne pouvaient manger de gros insectes. Le Viking a presque consacré un reportage photographique à ces bestioles : il y avait Gérard et Amandine dans la cuisine et Jean-Charles, qui lui restait sous la chaise longue à l’extérieur :

2014-09-21 09.42.29

 5) Un Viking à la plage

Habitué à se faire bronzer sous les néons dans un cubicule, le Viking s’est adapté à son nouvel environnement. La preuve :

Avant

viking-samoa

Après

 

2014-09-26 11.38.03

Oui, l’humain évolue constamment!

La suite de nos aventures sera publiée sous peu!