Retour au bercail

Le Viking et moi sommes rentrés samedi sans problème de Rome; il avait une escale à Paris et moi à Londres; nous étions partis à 45 minutes d’intervalle et nous avons tous les deux vécus un bon vol. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie traitée comme un être humain et non comme du bétail même si j’étais dans la classe économique; j’ai volé pour la première fois avec Virgin Atlantic et ce ne sera pas la dernière.

Imaginez le luxe : pas de frais pour un bagage en soute; oreiller, couverture, écouteurs et autres accessoires étaient fournis; la nourriture était abondante et même très bonne, et j’aurais pu boire vin et champagne gratuitement. Tout un contraste avec United Airlines, la société américaine avec laquelle j’ai voyagé plusieurs fois : frais d’enregistrement pour un bagage, pas de couverture ou d’oreiller, pas de nourriture chaude ou froide gratuite; on sert seulement des boissons chaudes ou froides et peut-être un mini-sac de pretzels (sur les longs vols!)…

Samedi et dimanche, j’étais heureuse de déambuler dans les rues d’Oakland et de Piedmont sans me demander si j’allais mourir écrasée par un chauffard automobiliste romain. À Rome, le code de la route semble être une suggestion et traverser un passage piéton même au feu vert piéton était périlleux. L’idéal, c’était de se faufiler dans un groupe d’au moins 10 personne; si vous êtes moins de trois personnes à traverser, les Romains foncent à voiture ou à moto devant ou derrière vous….

Mais bon, courir en traversant la rue est un excellent moyen de digérer tous ces kilos de pâtes!

La suite bientôt!

Bientôt l’Europe

Ce vendredi, le Viking part pour Rome en Italie, où il participera à un séminaire « de programmeurs architectes », bref, un beau rassemblement de têtes pensantes en perspective. Ah, Rome! Le Viking et moi, à l’unisson dans la gourmandise, prévoyons déjà déguster des pâtes fraîches, de la mozzarella fraîche, du bon café, quelques verres de vino! Heureusement, la suggestion d’activité la plus populaire parmi les gens ayant déjà visité Rome est de marcher, cela devrait nous aider à conserver notre taille de jeune fille et de jeune homme…

Quant à moi, je ne vais pas à Rome en même temps que mon programmeur favori. Je vais passer quatre jours à Londres et je vais participer au Salon du livres de Londres, un salon réservé aux professionnels (je ne pourrai pas vous quêter d’autographes d’aucune vedette littéraire), où vont entre autres les auteurs et éditeurs pour acheter ou vendre des droits de publication. Je vais tâcher de rencontrer du personnel de maisons d’édition afin de voir si je ne pourrais pas un jour travailler dans ce milieu. Ensuite, je vais rejoindre le congressiste et nous passerons toute une semaine à Rome.

Je ne sais pas à quelle fréquence je pourrai alimenter ce blogue durant les deux prochaines semaines. Alors, goodbye et arrivederci!

 

San Francisco 2, Oakland 1

Samedi, le Viking et moi sommes allés au Coliseum d’Oakland assister à une partie de  la « ligue des cactus » entre les Giants de San Francisco et les A’s d’Oakland. La saison des A’s commence officiellement lundi soir, il s’agissait d’une rencontre hors concours.

C’est la première fois que nous allions assister à une partie de baseball en après-midi depuis que nous sommes dans la région. Une fois assise, je me suis vite rendue compte que même s’il faisait pas si chaud que cela, je courais le risque d’attraper une insolation. Le Viking avait une belle casquette qui lui protégeait sa cervelle, mais la mienne était exposée aux rayons de Galarneau.

IMG_1410

C’était un superbe après-midi idéal pour regarder une partie de baseball :

IMG_1412

Avant que la partie ne commence, je suis rentrée dans le stade pour m’acheter une casquette. Tout à coup, j’entends quelque chose comme « Mesdames et messieurs, nous allons entendre l’hymne national… » J’étais contente d’être à l’intérieur. Me lever pour entendre un hymne national m’agace : les hymnes nationaux devraient être réservés aux manifestations sportives internationales, comme les Jeux olympiques. Même si un Québec indépendant avait un hymne national, je resterais tout aussi stoïque. Et les États-Unis ont beau être une terre de liberté et de liberté d’expression, exprimer cette liberté d’expression en restant assis pendant qu’on chante The Star-Spangled Banner n’est pas bien vu.

Donc, je répète, j’étais soulagée d’attendre à la caisse de la boutique de souvenirs. Deux hommes devant moi payent et se tassent sur le côté. Je viens pour déposer ma casquette devant la caisse, c’est à ce moment que j’entends l’annonce. La caissière recule un bon mètre derrière sa caisse. Je vois les deux hommes figés là, la casquette à la main à la hauteur du coeur. Confuse, je me dis que puisque je n’ai pas encore payé, pas question que je fasse comme eux, ce n’est pas encore MA casquette. Je regarde la caissière, je dépose ma casquette sur le comptoir. Elle s’approche pour me dire « Ils nous demandent de pas prendre de commandes pendant l’hymne ».

De retour à ma place, j’annonce au Viking : « Moi qui pensais que rien ne pouvait entraver la liberté de commerce aux États-Unis, il y a au mois une chose: l’hymne national! »

J’ai retenu deux leçons de mon après-midi :

-pas de commerce pendant qu’on chante The Star-Spangled Banner;

-si on se lève pour aller chercher un casse-croûte, c’est à ce moment là que l’équipe adverse marque des points!

 

Mentalité d’assiégés

L’Église catholique est représentée dans la région de San Francisco par une faction rétrograde, de droite et absolument détestable de cette religion. Depuis quelques semaines, le jupon dépasse. C’est comme si l’Église et ses fervents avaient adoptés une mentalité d’assiégés qui se replient sans cesse sur leur petite forteresse.

1) « Et comme vous voulez que les hommes agissent envers vous, agissez de même envers eux. » (J. de Nazareth)

L’archevêché de San Francisco s’est trouvé dans l’eau chaude même pas bénite il y a une dizaine de jours, lorsque la presse a révélé que des gicleurs avaient été posés pour « nettoyer » le parvis de la cathédrale St.Mary… des itinérants qui y dorment la nuit.

Depuis deux ans, chaque demi-heure, des gicleurs arrosaient le parvis de quatre portes, ce qui faisait fuir les indésirables ou imbiber les indésirables têtus qui s’enfonçaient bien creux dans leur sac de couchage.

Signe que c’était davantage une question de propreté « sociale » que de propreté architecturale, quelques heures après la diffusion de la nouvelle, les gicleurs avaient été enlevés. De plus, comme ceux-ci avaient été posés sans permis, la Ville a donné un avertissement a la paroisse. Charité bien ordonnée…

2) « Ne vous posez pas en juges et vous ne serez pas jugés, ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés. » (J. de Nazareth)

Beaucoup de publicité a été faite à propos du code de moralité que l’archevêché voulait faire adopter aux enseignants et aux membres du personnel des écoles catholiques du diocèse. En vertu de ce code, toute transgression de la doctrine catholique (donc n’importe quelle personne moderne qui pratique la contraception, ou vit en couple sans être mariée, qui est divorcée, est gaie, bisexuelle, transgenre, pro-choix en matière d’avortement, etc, etc), pourrait constituer un motif de congédiement. Encore lundi, des gens ont interpellé publiquement l’archevêque Salvatore Cordileone pour qu’il ne mette pas ce projet à exécution.

Toutefois, selon moi, le noeud de l’affaire est ailleurs, bien dissimulé derrière cette controverse si facile à susciter (mettez « homosexualité » et « immoralité » dans la même phrase et vous êtes certains de mettre le feu aux poudres ici). Bien malin, l’archevêque : il voulait donner aux enseignants le statut de « ministres » du culte, ce qui, conformément à un jugement de 2012 de la Cour suprême américaine, aurait soustrait ces employés de la protection des lois de l’État en matière de travail, pour les assujettir aux seuls règlements de l’Église. Heureusement, les syndicats et des gens qui savent lire ont pu tout de suite alerter l’opinion publique; pas fou, l’archevêque a battu en retraite (au moins) sur ce point.

3) « Laissez les enfants venir à moi ». (J. de Nazareth)

Une paroisse du district de Richmond de San Francisco a décidé de bannir les servantes de messe pour n’accepter que des garçons.

Tout cela en quelques semaines seulement! C’est bien parti pour le reste de l’année!

Ne pensez pas que le pape François va arranger les choses. Il me fait penser à Jean-Paul II, puisque comme lui, il est un redoutable expert en relations publiques. Qu’a-t-il fait pour changer l’Église depuis qu’il est pape? Rien, comme la tradition l’exige! Alors, ce n’est pas demain la veille qu’un Cordileone se fera rappeler par le Vatican pour cause de mauvaise publicité. Quand on sait la mollesse de l’Église par rapport aux prêtes pédophiles, il n’y a rien à espérer de celle-ci contre les prêtres qui ne voient pas la poutre dans leur oeil…