Sécheresse et chaleur

L’été commence enfin ici avec une petite vague de chaleur (trois jours est suffisant pour employer le mot « vague » si je me fie au journal de ce matin!). Cependant, la saison des feux de forêts est bien commencée en Californie, dans l’État de Washington, en Colombie-Britannique, au Yukon, en Alaska.

À la fin du mois, le Viking et moi irons passer quelques jours plus au nord, à Mendocino. L’an dernier, alors que nous allions à Eureka, encore plus au nord que Mendocino, nous avions vu la fumée de feux de forêts qui brûlaient à des dizaines de kilomètres. J’espère que rien ne viendra bouleverser nos plans.

Cela fait des mois que les mesures spéciales pour conserver l’eau se multiplient. Il y a des mesures qui devraient être permanentes selon moi : arroser un terrain pas plus de deux jours par semaine, jours non consécutifs; interdiction d’arroser dans les 48 heures suivant une averse; arroser avant 6 h le matin ou après 21 h; demander aux clients dans les restaurants s’ils veulent avoir un verre (ou un seau, vu la taille de certains verres) d’eau.

Mais bon, tout cela est bien beau, mais les plus grands consommateurs d’eau sont évidemment les agriculteurs, les grandes entreprises et l’industrie pétrolière et gazière, notamment en raison de la fracturation hydraulique pour extraire ce qui deviendra du gaz de schiste.

La semaine dernière, des agences de gestion de l’eau de comtés ont contesté la directive de l’agence de gestion de l’eau de l’État qui leur demandait de cesser de puiser de l’eau dans des rivières pour irriguer des fermes. Leur principal argument? Puisque ces agences de comtés et des agriculteurs ont des droits acquis qui remontent avant 1914, année où les premiers permis de consommation d’eau ont été délivrés, l’État n’a pas l’autorité nécessaire pour les forcer à arrêter cette captation d’eau; seuls les tribunaux pourraient leur forcer la main. J’ai bien hâte de voir la suite de cette saga juridique.

C’est avec ce genre d’arguments qu’on remonte à la Bible pour justifier tout et n’importe quoi.

Parmi les gens qui font de bonnes affaires ces temps-ci, il y a ceux qui sont spécialisés dans la démolition des piscines creusées et ceux qui peignent les pelouses en vert ou qui posent du gazon artificiel. Il paraît qu’il y a un avantage au gazon artificiel: les pitous ne vont pas y faire leurs besoins.

Comme il n’y a qu’un compteur d’eau pour tout notre immeuble, c’est difficile d’évaluer si nos efforts de réduction de consommation d’eau sont bien efficaces. Moi, je vais continuer à arroser mes plantes avec l’eau de cuisson des légumes et avec mes fonds de tasse de café froid : mes plantes sont en pleine forme!

Bonne Saint-Jean!

Le Viking et moi nous nous préparons à souligner la Saint-Jean depuis la fin de semaine. Sur un coup de tête, nous sommes allés samedi soir à Berkeley pour manger… de la poutine!

J’avais lu qu’il y avait un établissement d’une chaîne canadienne-anglaise, Smoke’s poutinerie, qui avait ouvert récemment.

Tout d’abord, c’est clair que la clientèle visée est la clientèle étudiante. La poutinerie est à une rue du campus, sur la rue Durant, où de nombreux restaurants « beau-bon-pas-cher » ont pignon sur rue. Il n’y a pas de tables, seulement un long comptoir en L avec des tabourets (un point de moins dans mon carnet de note, je suis trop petite pour être bien assise sur n’importe quel tabouret!).

J’ai commandé une poutine « traditionnelle » : frites, sauce, fromage. Le Viking a commandé une poutine campagnarde avec poulet grillé, bacon, petits pois, oignons caramélisés et champignons.

Test de goût

La sauce est bonne, mais elle est un peu pâle, elle a davantage la couleur d’une sauce au poivre. C’est l’élément qu’a le moins apprécié le Viking. Les frites étaient très bonnes, bien croustillantes, bien dorées. Par contre, et je l’ai dit trois fois, il n’y avait pas assez de fromage! Si j’avais eu autant de fromage dans ma barquette que ce qu’on voit sur les photos du site Web, j’aurais été bien contente!

Quant au goût, c’était pas mal, j’en ai mangé de moins bonnes dans des cafétérias d’arénas au Québec! Mais je suis d’accord avec le Viking, la sauce est pas « tout à fait ça ». C’est probablement ce qui explique qu’il n’y a qu’un établissement de cette chaîne au Québec, à Mont Tremblant, là où il y a des anglos et des touristes américains!

En cas de rage de poutine subite, nous saurons où aller, d’autant plus que l’endroit est ouvert jusqu’à quatre heures du matin! Enfin, un restaurant qui a compris que rester ouvert tard apporte une clientèle étudiante, de travailleurs de nuit et de voyageurs!

Une autre preuve que le Viking n’entend ce qu’il veut. Je lui demande de photographier la poutine, il me photographie sans qu’on voit très bien mon plat. Disons que je ne lui conseille pas de changer de carrière pour devenir styliste culinaire!

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Agriculture urbaine

Le Viking et moi sommes des bobos bien de notre temps. Nous aimons avoir un mode de vie urbain, tout en savourant les produits de l’agriculture urbaine ou de proximité. Lorsque nous étions à Montréal, nous avions un potager de bonne taille et si j’avais été la seule à décider, j’aurais même enlevé la place de stationnement pour agrandir notre production.

Après tout, même si nous avons grandi en banlieue, il n’y a qu’une génération qui nous sépare du travail de la ferme. Mes parents avaient un potager; ma mère « cannait » des tomates à l’automne et congelait des fruits et des légumes.

J’ai récemment relu le roman Bestiaire d’Éric Dupont, dont le dernier roman, La fiancée américaine, a obtenu un grand succès critique et commercial. Ces fragments de Bestiaire sont clairement véridiques et s’appliquent aussi à des membres de ma famille:

« Mon grand-père, charpentier de son métier, avait compris qu’en ces terres ingrates, il valait mieux ne jamais renoncer à la présence des animaux de la ferme. (…) Il garda pourtant dans une cabane des poules, des lapins et parfois un agneau, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se déplacer. (…) Le reste de la famille nous expliquait qu’il entretenait, à la retraite, ce petit élevage inoffensif par désoeuvrement, pour éviter l’oisiveté. Cela ne me semblait pas crédible.(…) Là où les autres voyaient du poil et des plumes, il voyait un repas. Pour lui, la notion de loisir n’existait pas. Toutes ses activités gravitaient autour de la calorie. (…) Je crois que l’idée de ma soeur et moi souffrant de la faim l’empêchait de dormir. Il traduisait « Je n’ai plus faim, merci », par « J’en prendrais volontiers encore quatre tranches, avec des patates s’il en reste. »

J’adore cette dernière phrase! Plusieurs de mes tantes parlaient la même langue que lui!

Pour se raccrocher à notre héritage agricole, alors que nous sommes loin du Québec, loin de toute possibilité de faire pousser ne serait-ce qu’un plant de tomates sur notre balcon ombragé, le Viking et moi, nous faisons notre possible en matière d’agriculture urbaine:

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L’étiquette de la terrine indique « Ferme du Vieux Chemin »; cette ferme a d’abord été exploitée par mon grand-père. Mon cousin H. et sa femme D. en sont maintenant les propriétaires.

La technologie de la litière

Dans la région de la Silicon Valley, la technologie est partout. Je suis toujours étonnée par la superficialité des produits des entreprises à la mode : jeux vidéos, applications farfelues comme des jeux vidéo pour les chats… et désormais, une litière pour chats technologique!

Oui madame, une entreprise propose, pour 20 $ par mois, un service de livraison de litière propre et de ramassage de litière souillée. Selon les dires des inventeurs, la litière change de couleur au contact des matières fécales et sa formule unique permet de signaler la présence de 10 « maladies » dans l’urine de minou. Au contact de l’urine suspecte, la litière devient noire. Grâce à l’application de la société, vous pouvez faire un diagnostic selon l’échelle des gris et du noir et décider d’aller ou non chez le vétérinaire.

Pourquoi essayer de changer le monde quand on peut simplement faire une piasse avec tous ces gens qui semblent avoir trop d’argent et pas assez de temps pour s’occuper de leur chat…

L’achat impulsif du jour

Je me baladais dans les rangées de l’épicerie Piedmont en fin de journée. J’avais une  mini-liste d’épicerie en tête. J’étais dans la rangée des produits laitiers, charcuteries, jus (c’est une petite épicerie donc les tablettes sont exploitée au maximum), quand, tout à coup, dans un étalage de bout de rangée, ces étalages placés exprès pour susciter des achats impulsifs, je vois une affiche avec le mot cricket – grillon en français.

« Non!, pas vrai, pas quelque chose à base de farine de grillon? » m’exclamais-je dans mon for intérieur.

Voici ce que j’ai acheté :

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Décortiquons cette étiquette merveilleusement adaptée à tous ces Californiens qui pratiquent une alimentation « sans »: sans céréales, sans produits laitiers, sans gluten, sans oeufs.

paleo-friendly cricket flour cookies

D’abord, il n’y a pas de majuscules dans cette description, ce qui m’agace un peu, alors que ORANGE GINGER nous saute à la figure (orange gingembre); veut-on faire oublier les grillons?

Paelo-friendly! Le régime paléo est l’une des dernières modes en alimentation. Je vous invite à consulter le site Passeport Santé si vous voulez en savoir davantage sur ce régime (cliquez ici); en gros, ceux qui adoptent une alimentation de l’époque paléolithique disent que pour vivre en santé comme nos ancêtres (dont l’espérance de vie était de moins de 35 ans…), il faut bannir les produits laitiers, les légumineuses, les céréales, et dire bonjour aux viandes et aux fruits et légumes. Je pense que c’est une excuse parmi d’autres pour manger des saucisses et du bacon!

Paleo-friendly; l’adjectif ici veut dire que les biscuits conviennent à ces toqués de l’époque « chasseurs-cueilleurs ». Il y a de la farine de manioc et de noix de coco dans les biscuits, un raffinement qui n’existait pas à l’époque!

Test de goût!

C’est bon! Les biscuits goûtent beaucoup l’orange; leur texture est très friable, ce n’est donc pas demain qu’ils vont détrôner les Oréos au titre de « biscuits préférés du lait ».

Et puis, à un peu plus de 7 $ pour 170 g, c’est une gâterie de luxe. Une gâterie qui conviendrait à Sandrine des Bobos! (cliquez ici et allez à 6:15)

 

 

Corps de femmes

Cette semaine, j’ai lu deux articles qui sont aux antipodes l’un de l’autre. Excusez l’emploi de ce cliché, mais il n’y a pas d’autre mot qui convienne.

1) La femme trop maigre

Une publicité pour la marque de vêtements Yves Saint Laurent a été retirée de l’espace public en Angleterre, pour cause de maigreur extrême du mannequin.

Pour lire un article à ce sujet et surtout voir la photo (éprouvante), c’est ici.

2) La femme trop grosse

Je l’ai vue à la une d’un magazine quelconque au supermarché, Tess Holliday est désormais le mannequin le plus en chair de la Grande-Bretagne. Elle porte des vêtements de taille 22 (taille nord-américaine).

Pour lire un article en français sur cette nouvelle vedette, c’est ici.

Pour lire l’article du Guardian intitulé « T’as jamais vu une grosse en sous-vêtements? » (Never seen a fat girl in her underwear before?, c’est ( plus de photos que dans l’autre article).

Et c’est sans parler de Bruce Jenner qui est devenue Caitlynn Jenner. Moi, la seule chose qui me « choque », c’est l’orthographe de son prénom, j’ai dû le lire 4 fois avant de l’écrire comme il faut!

 

Grisaille et métallurgie

Enfin, la brume a daigné reprendre son horaire habituel depuis dimanche et elle disparaît maintenant tôt le matin. Depuis que nous étions ici, c’est la première fois qu’il faisait gris et froid pendant plus que quelques jours, épisode qui a duré presque trois semaines! (Aveu : les draps de flanelle sont de retour!)

J’aimerais bien vous divertir plus longuement, mais je suis un peu mal prise. Il y a deux semaines, avant l’arrivée de G.H., j’ai fait aiguiser mes couteaux de cuisine chez une rémouleuse (oui, une dame!) qui stationne son camion de rémoulage à un marché public les samedis.

Ce midi, je me suis servie de mon couperet chinois imbattable pour trancher un mini-melon d’eau… et heureusement que j’étais pas trop dans la lune, sinon j’aurais perdu un bout d’os au lieu de perdre une petite lamelle de peau à un doigt…

Quand j’aurai retrouvé ma capacité de taper à deux mains, je poursuivrai ce blogue. Patience!