Les vacances de Tatie Jackie

Si j’ai décidé d’aller en France cette année, c’est surtout pour voir des amis qui ont de jeunes enfants. Me déplacer moi est bien plus simple! C’est pourquoi je n’ai pas encore de photos pittoresques à publier ici et comme je respecte l’intimité de ces tout-petits, je ne publierai pas leurs photos ici, même si des dizaines de personnes les connaissent grâce à Facebook.

Tatie Jackie a de grands neveux, ça faisait un bail qu’elle n’avait pas joué aux legos ou chanté des chansons de Passe-Partout à un public captif qui croit qu’elle chante bien!

Et les grands, faut tout leur expliquer! Comme je suis à l’aise avec les jeunes enfants, cela suscite en général deux réactions:

-l’étonnement que je sois à l’aise avec les enfants « parce que je n’ai pas d’enfants »;

-l’étonnement que je n’aie pas d’enfants « puisque je suis à l’aise avec les enfants » .

Ben, les enfants sont des personnes comme les autres et je crois que j’aime les petits enfants parce qu’ils sont sincère; y’a que les petits fourbes plus âgés qui me tapent sur les nerfs, tout comme les adultes hypocrites me tombent sur les nerfs, c’est pas compliqué…

Toujours est-il que les petits Français de trois ans et moins constituent une source de ravissement pour Tatie Jackie: ils restent à table plus que 15 minutes et  mangent de tout, même du fromage de chèvre; ils font la bise à tout le monde (même s’ils rechignent, il n’est pas question qu’ils ne le fassent pas). Je me suis dit en voyant cela que les Américains si sensibles à l’intégrité corporelle des enfants en feraient une syncope.

Une journaliste américaine a écrit un livre sur les parent français, Bringing Up Bébé (traduction française: Bébé Made in France, je vous le jure!) Pour lire une entrevue en français avec l’auteure, c’est ici. J’ai constaté moi aussi tout ce dont elle parle: l’importance des repas, de la politesse, des habiletés sociales, alors que les parents américains sont préoccupés par la performance et les compétences cognitives et la stimulation à  tout crin.

Je suis donc ravie de jouer à la sociologue de salon en chantant « Les poissons gigotent, les poisson barbotent, les poissons voient clair dans l’eau. Au fond de la rivière, y’a pas de lumière… »

Vive la France

Je suis en France depuis moins d’une semaine et je n’ai entendu que trois remarques sur  mon accent, c’est une bonne statistique.  On verra bien pour la deuxième semaine ce qui se passera.

Je suis dans la région de Lyon, il fait chaud, environ 30 degrés, mais comme ce n’est pas humide comme à Montréal, je supporte bien cette chaleur.

La France semble éternelle: les douaniers jettent un oeil distrait sur mon  passeport canadien tout en se racontant les derniers potins syndicaux, on se dépêche d’aller à la boucherie le samedi matin parce que c’est fermé entre midi et 14 heures; tout le monde fume partout et la batavia, c’est pas de la laitue… (« je veux deux laitues. -j’en ai que de la rouge. Et la verte, là, devant vous? -ah ça, mais c’est de la batavia! » ) Dans le dictionnaire, c’est pourtant clair: batavia « salade d’été ou d’automne à grosse pomme ». Oui, en France, tout le monde est terminologue, c’est ce que j’ai dit à une Américaine récemment.

Comme c’est la fin des vacances, vous auriez dû voir le chaos à la gare à Lyon lorsque je suis arrivée vers 16 h, les gens courraient dans tous les sens en tirant bagages et 3,2 enfants. Comme les Français n’ont pas encore compris l’utilité de faire la file, j’ai cru comme il y a deux ans manquer de temps pour entrer dans le train à Paris parce qu’ils préfèrent essayer de pousser dans le tas avec chiens et bagages. Disons que j’ai eu chaud! Il y a deux ans, des réservistes de l’armée avaient tellement de gros sacs qu’ils avaient monopolisés l’entrée du wagon et un homme  m’avait tiré avec ma valise à l’intérieur juste avant que les portes se referment. Comme j’avais attendu mon train durant 3 heures en essayant de rester éveillée, je ne voulais pas rester à quai! Et cette année  non plus!

Bref, j’ai l’air de me plaindre, mais qui aime bien châtie bien, sinon j’irais en voyage à Edmonton.

Des vacances bien méritées

Le dimanche 16 août, je quitterai le Viking pour presque un mois. Je prends des vacances bien méritées. Une pause de deux semaines en France et une pause de deux semaines au Québec. Je tenterai de faire des mises à jour régulières de ce blogue d’ici le 11 septembre, date de mon retour en Californie.

Adieu Viking! Adieu, climat tempéré! Bonjour amis et familles!

À bientôt!

Après la mer, la forêt

Le lendemain de mon anniversaire, j’avais décidé d’aller marcher en forêt. Il faisait soleil ce jour là, aussi bien en profiter pour aller à l’ombre. Nous devions aller au parc d’état Mendocino Woodlands, à ne confondre avec le parc d’état Mendocino Headlands, qui est sur le bord de l’océan…

Avant de partir, je lis la brève description du trajet, puis nous partons. Après un arrêt à l’épicerie de Mendocino pour acheter des sandwiches et des croustilles, nous nous dirigeons vers le nord. Il n’y a qu’une route principale et nous voyons des panneaux qui annoncent le parc Headlands et le phare du village voisin. On tourne à droite sur une route parce que sinon, à gauche, c’est la mer. On peut pas se perdre! Et on a un GPS avec le téléphone si intelligent du Viking.

N’empêche, pour notre propre divertissement, le Viking et moi avons rejoué ce sketch qui devait déjà être populaire à l’époque de Molière : un gars et une fille ne trouvent pas leur destination

Jackie : On devrait peut-être demander des infos à quelqu’un?

Viking: Pourquoi? on est pas perdu, je sais exactement où on est! Regarde là sur le GPS! Tu veux qu’un redneck nous tire dessus avec son shotgun?!

Ouain… un bon point pour le Viking! (La région de Mendocino est le début du nord de l’État, réputé pour ses plantations de pot bien cachées dans les forêts immenses et ses habitants rednecks qui se méfient du « gouvernement ».)

C’est vrai que nous n’étions pas perdus, mais nous ne trouvions pas l’entrée du parc! Nous avons tourné en rond ou presque sur des chemins forestiers et des rangs déserts. Un cycliste soucieux de prendre une insolation nous a gentiment conseillé de faire demi-tour; la route où nous étions allait au parc, mais c’était plus court de rebrousser chemin. Ce que nous avons fait. Nous étions dans une forêt, on se doutait bien qu’on était au bon endroit, mais où était une ou des entrées du parc? ET TOUJOURS AUCUN PANNEAU!

Tout à coup, on voit des tentes derrières des arbres. De gentils campeurs en train de casser la croûte à côté d’un palace roulant de type Winnebago nous ont dit « vous y êtes » lorsque nous leur avons demandé où était le parc Woodlands. Une heure que nous avons mis à « trouver » le parc. Je crois bien que nous avons fait le trajet inverse en 20 minutes par une autre route au retour!

Ensuite? Nous avons grimpé pendant 50 minutes pour aller contempler « le gros zarbre », « the big tree » :

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J’étais un peu nerveuse et grognonne, comme nous n’avions pas de carte, je ne savais pas combien de temps nous allions marcher avant de trouver l’arbre en question. Signe distinctif : écorce noircie à cause de la foudre. L’arbre est tellement haut qu’il sert de paratonnerre!

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C’est l’arbre le plus gros et le plus haut du parc, toujours vivant d’ailleurs. L’an dernier, nous avions pris de belles photos dans l’allée des géants en se dirigeant vers Eureka, mais la plupart des arbres étaient coupés et il ne restait plus que d’immenses souches.

Redescendre durant 50 minutes a été bien plus agréable que la montée! Nous avons repris des forces au moment de l’apéro, en compagnie de « la » poule en liberté de l’auberge.

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En fait, il y avait deux grands enclos où d’autres poules étaient « en liberté ». Celle-ci était attaquée par les autres et vit désormais dans la cour arrière de l’auberge.

Nous avons beaucoup beaucoup apprécié cet endroit qui était très tranquille. Si vous recherchez une auberge où vous pourrez décompresser dans le nord de la Californie, je vous fournirai les coordonnées avec joie!

ADN scandinave

Le Viking et moi avons eu la preuve le jour de mon anniversaire que nous avons de lointains gènes scandinaves. Qui d’autre que nous deux pourrait prendre un coup de soleil par une journée brumeuse, alors que nous étions armés d’un parasol? (Les seuls avec un parasol cette journée-là!)

Brume ou pas, j’étais ravie d’être sur la plage à Little River :

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41 ans au compteur de Jackie!

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Morale de cet après-midi : la crème solaire, ce n’est pas pour les poissons!