On se raccroche aux bonnes nouvelles

C’est le printemps. Accrochons-nous à l’espoir et aux bonnes nouvelles locales, puisque les nouvelles internationales sont d’une tristesse…

1) Un salaire minimum qui progresse

Ce lundi, le gouverneur Jerry Brown a annoncé un accord conclu entre des chefs syndicaux et des élus de l’Assemblée législative de la Californie pour augmenter progressivement le taux minimum du salaire horaire de 10 $ en 2016 jusqu’à 15 $ en 2022. Après cette date, il serait lié à l’inflation. Les petites entreprises auront un an de plus, jusqu’en 2023, pour adopter le taux minimum de 15 $ de l’heure. Il reste à l’Assemblée à l’approuver par vote. Cet accord a été conclu à la condition qu’une proposition semblable, qui avait eu suffisamment de signatures pour faire l’objet d’un référendum, soit retirée de la prochaine ronde de référendums en novembre. Travailleurs de tous les pays, unissez-vous!

2) Du pain et des jeux….

L’équipe de basketball de la NBA d’OAKLAND, les Golden State Warriors, est sur une lancée historique de 64 victoires et 7 défaites et vise à battre la fiche record des Bulls de 1995-1996 de 72-10. Même le Viking regarde les stats avant d’aller au lit!

3) Du pain et des jeux… (bis)

Je voudrais vous faire la recension des boires et déboires de l’équipe de football d’Oakland, les Raiders, que je ne saurais pas où commencer. Comme les Warriors et les As, ils souffrent de cette maladie dont je vous ai déjà parlé, la « fièvre du nouveau stade ». Après menaces, audiences, comités, discussions, négociations, les Raiders ont compris qu’ils ne pouvaient aller nulle part malgré leur grand désir d’aller se faire construire un stade presque gratuitement ailleurs. Ils sont « pris » ici au moins jusqu’en 2018. La Ville a renégocié leur bail. Devinez combien ils paient? Le Viking et moi, on était perplexe! Leur loyer de 2015 était de 925 000 $ pour le stade et les équipements sportifs: une misère! Il passera à 3,5 millions de dollars en 2016. Juste pour m’indigner un peu, j’ai regardé quel était le salaire moyen des recrues de la NFL en 2015. Les recrues ont un contrat de 4 ans et le salaire minimum de ces 4 ans en 2015 était de 435 000 $ pour la première année, 525 000 $ pour la 2e, 615 000 $ pour la 3e et 705 000 $ pour la 4e année. Et c’est loin du salaire du premier choix au repêchage de 2015, un gars qui va gagner 22 millions et des poussières! Et les sites sportifs qui parlent de cette hausse de loyer comme étant « faramineuse », « colossale », etc., alors qu’elle ne représente que des miettes pour les Raiders!

4) Que d’eau!

L’hiver a été pluvieux, enfin! Après 4 hivers secs, cet hiver pluvieux ne peut tout résoudre, mais bien des réservoirs ont désormais des niveaux plus près de la normale. Et enfin on se creuse les méninges pour trouver de véritables solutions à la gestion de l’eau: la ville de Tracy va permettre à un nouveau lotissement de récupérer les eaux grises des résidences pour un usage extérieur (arrosage des jardins, nettoyage des voitures par exemple). Auparavant cette pratique est interdite, maintenant, elle est permise mais très encadrée. Par exemple, si vous pouvez arroser du gazon avec de l’eau grise, vous ne pouvez pas arroser de légumes racines ou de parties de plantes comestibles avec de l’eau grise non traitée. Selon cette logique, vous pourriez arroser vos plants de tomates, mais pas vos carottes. C’est tout de même un début!

 

Chorégraphies, travestis et paillettes : San Francisco rend hommage à David Bowie

Ce samedi, je me suis rendue avec G. au Castro Theatre dans le quartier Castro de San Francisco pour assister à un hommage à David Bowie. Le Castro est le quartier gai de SF (même si pour d’autres, SF est un grand quartier gai!) Le programme principal de la soirée était la projection du film The Man Who Fell to Earth (L’homme qui venait d’ailleurs), le premier film de David Bowie, tourné en 1975.

David Bowie a tourné plusieurs films et au début de sa carrière, il avouait qu’il se voyait d’abord comme un acteur (il a une formation de mime) et que la musique était peut-être temporaire pour lui… Je ne sais pas s’il a regretté de ne pas avoir davantage tourné de films, mais David Bowie était un peintre, un musicien et un acteur, bref, un artiste complet. Et au-delà de sa réussite commerciale, Il avait le réel désir d’exprimer sa fabuleuse créativité.

Le film est un curieux objet. Bowie incarne un extraterrestre qui est venu sur Terre parce que sa planète est accablée par une sécheresse et qu’il veut y ramener de l’eau. J’avoue que certains passages m’ont laissé perplexes. Certains scènes lourdes de symbolisme ont fait rire dans la salle et j’avoue que son vaisseau spatial ressemblait plus à un chalet de campagne qu’autre chose… Mais, en 1976, Bowie avait 29 ans et était tout simplement superbe. Même si en réalité Bowie n’était pas un géant, sa minceur donnait l’illusion qu’il était plus grand, ses yeux de couleurs différentes et sa pâleur en faisait un superbe extraterrestre! Vous pouvez voir la bande-annonce originale ici.

Chorégraphies et paillettes

Avant la projection du film, un hommage a été rendu à l’artiste avec des chorégraphies regroupant hommes, femmes, travestis et peut-être transgenres portant fièrement des paillettes, avec des chansons (chorale qui interprète Life on Mars), des vidéos de Bowie et des témoignages sur l’importance de David Bowie dans la vie de certaines personnes, surtout des gais, qui, enfants ou adolescents, ont vu cet artiste qui se moquait des étiquettes et portait des robes et du maquillage. Le tout avait des airs touchants de spectacle de sous-sol d’église, mais le respect et l’émotion sincères étaient palpables.

Ce qui m’a fait craquer, c’est de voir une entrevue d’un tout jeune David Jones, âgé de 17 ans, qui avait fondé la Society for the Prevention of Cruelty to Long-haired Men (société de prévention de la cruauté envers les hommes aux cheveux longs). Il refusait déjà les normes strictes de l’époque et répondait avec aplomb aux questions de l’animateur. À voir ici!

Bonne journée internationale de la femme

Je souhaite une bonne journée internationale de la femme à toutes les femmes, mêmes à celles qui pensent qu’elles ne sont pas féministes.

Marie-France Bazzo, tu m’a brisé le coeur! Je te souhaite tout de même de continuer à foncer et à animer le paysage audio-visuel québécois avec panache, si ce n’est pas avec « féminisme »!

 

Les tentes de la discorde

La semaine dernière, la ville de San Francisco a démantelé un campement de plusieurs centaine de personnes sous un viaduc. « Le problème des sans-abris » a pris une ampleur telle qu’il suscite des réactions extrêmes. D’un côté, les nantis qui disent qu’ils ont mérité de vivre dans une ville sans voir la souffrance des autres (The wealthy working people have earned their right to live in the city, à lire ici en anglais), de l’autre, les activistes en faveur des droits des sans-abris distribuent des tentes et contribuent à créer des campings sauvages où pullulent les déchets, les rats, les seringues souillées et les déjections humaines.

C’est un problème à plusieurs volets. Le principal, c’est le prix des loyers. Il n’y a pas que des malades mentaux drogués qui sont sans-abris, de nombreux travailleurs le sont, dans une ville où le loyer médian est désormais de 4529 $. Le Ville a désormais abandonné l’idée de construire des logements à prix « modiques » (pour les plus pauvres) pour se concentrer sur la construction des logements à prix « abordables », dans un effort pour retenir la classe moyenne. Les autorités s’inquiètent, et avec raison : si un terrible tremblement de terre survient et que tous les travailleurs de première ligne (secouristes, infirmières, ambulanciers, policiers) habitent tous à plus d’une heure de route et que les ponts sont coupés, qui va pouvoir intervenir? Et c’est sans compter l’aspect purement économique d’avoir une population capable de consommer parce que son loyer n’accapare pas toutes ses ressources financières.

En attendant, que faire des 6000 sans-abris? C’est difficile de croire que la Ville dépense, de son propre aveu, plus de 240 millions par année (!!) en services pour les sans-abris, alors qu’il y a peu de refuges. Et si peu de toilettes publiques, ce qui explique que le centre-ville, surtout les abords de la station de Bart Powell, sent mauvais. C’est déplorable, mais je pense que jeter la pierre à des âmes en peine n’est pas la solution.

Autre problème, commun aux pays occidentaux, est le manque de soins psychologiques ou psychiatriques. Avant les années 1970, il était facile d’entrer dans un asile et il était difficile d’en sortir, aujourd’hui, c’est le contraire. Même quand une personne en crise est amenée à l’urgence d’un hôpital, comme il n’y a pas suffisamment de lits, si la personne n’est pas violente, elle reçoit son congé immédiatement ou encore elle se « sauve » avant d’avoir pu voir un médecin.

Que faire, que faire? répètent sans cesse la Ville. Salt Lake City a pourtant réduit de 72% le nombre de sans-abris avec un moyen extrêmement « révolutionnaire » : les caser dans des appartements en leur demandant seulement de respecter les lieux. Les concepteurs du projet ont d’abord fait un projet-pilote avec les plus poqués des poqués, et se sont dits « si ça marche avec eux, ça marche avec les autres ». Ils ont installés des gens dans des appartements, avec des visites de suivi par des travailleurs sociaux.  Et ça a marché. Sans la technique habituelle du bâton et de la carotte (tu arrêtes de boire/de te droguer et si tu es sage, tu auras un studio). Les Mormons se sont dits « on va les loger, les traiter avec dignité et puis on verra ».

Le programme coûte environ 10 000 $ à 12 000 $ par personne au lieu du plus de 20 000 $ que coûte une personne sans-abri. New York l’a fait aussi, alors, pourquoi pas San Francisco?

Mais il y a du chemin à faire. Le syndrome du « pas dans ma cour » frappe beaucoup de gens ici. Dans le journal de ce matin, il y avait une lettre d’un lecteur qui s’inquiétait: pourquoi construire plus d’immeubles alors que les ressources en eau diminuent? Les « zôtres » vont avoir des bains, des éviers à remplir, il faut que ça cesse!

On est encore loin du but.