Attention : police en eaux troubles

Je ne sais pas ce qui se passe exactement dans la région, mais différents corps policiers ne cessent de faire les manchettes depuis quelque temps. Signes d’incompétence bien ancrée ou problèmes temporaires? Petit tour d’horizon des problèmes policiers de la région de San Francisco.

Berkeley

L’an dernier, la police de San Francisco avait d’abord refusé des fonds du gouvernement fédéral pour examiner des centaines de trousses médicolégales de victimes de viol qui n’avaient pas été traitées dans des délais raisonnables. Devant le tollé public (et en raison d’une de ses multiples prises de bec avec le procureur du district, George Gascon), le chef de police de San Francisco, Greg Suhr, s’était ravisé et avait accepté les fonds. Depuis, il paraît que ces trousses (des prélèvements de  substances biologiques afin d’établir un profil génétique de l’agresseur) sont examinées en 10 jours ou moins.

Il faudrait envoyer le chef de police de San Francisco expliquer au service de police de Berkeley l’utilité des ménages du printemps, puisque le mois dernier on apprenait que deux trousses médicolégales, provenant de deux jeunes filles de 15 et 19 ans qui avaient été agressées par un homme qui les avait d’abord volées, n’avaient pas été analysées avant… six ans! L’agression remonte à mars 2008 et leur trousse n’a pas été traitée avant février 2014. Le problème, et il est de taille, c’est que non seulement ces victimes ont été oubliées, mais qu’en plus leur agresseur avait un profil génétique connu des policiers depuis 2005 et qu’il a fait d’autres victimes depuis 2008.

Il y aurait, dans le seul comté d’Alameda dans lequel se situent Berkeley et Oakland, 1900 trousses médicolégales non traitées; on estime qu’aux États-Unis il y en a environ 400 000 de ces trousses jamais analysées.

Berkeley est une ville de 117 000 personnes, on est loin d’une métropole où le service de police ne saurait où donner de la tête; selon les dossiers du service, il y a eu 24 rapports de viols déposés en 2008. Comment la police a-t-elle pu laisser tomber « entre les mailles du filet » ces deux trousses? Et laisser tomber deux jeunes filles qui ont eu le courage de se rendre par elles-mêmes à l’hôpital et subir tous ces prélèvements des heures durant, pour (presque) rien? Vous savez quoi? J’espère qu’elles poursuivront le service de police de Berkeley après le procès de leur agresseur.

Oakland

Le service de police d’Oakland (OPD) est un cas à part. Le service est depuis 2003 sous une sorte de tutelle du gouvernement fédéral et du FBI en raison de problèmes internes persistants. En janvier, un juge fédéral a nommé un avocat afin d’enquêter pourquoi la Ville est incapable ou ne semble pas avoir la volonté d’imposer de véritables mesures disciplinaires contre les « ripoux ». En effet, même dans les cas où des vidéos montrent les infractions commises par les policiers, ceux-ci s’en tirent sans conséquence. Pire, un officier ayant été mêlé à une affaire ayant fait l’objet d’une plainte avait été autorisé à contribuer à l’enquête sur cette même affaire…. quel conflit d’intérêts me dites-vous!  Même Sam Hamad serait d’accord!

Et pour enfoncer le clou du copinage…. Un soir de décembre 2015, un homme frappe violemment à la porte d’une maison dans les collines d’Oakland. La femme est dans la douche, les petits dorment, l’homme est en pyjama. La femme enfile un peignoir, elle et son mari vont répondre. Dehors, l’homme a frappé le mari, bousculade, etc, et ensuite il a sauté sur la femme, l’a plaquée au sol. Elle a eu quelques contusions, mais elle a surtout eu mal à sa modestie, puisque dans la mêlée son peignoir s’est bien ouvert. Finalement, le mari et des voisins ont plaqué l’homme et ont appelé la police. Un deuxième gars s’était sauvé au moment de la cohue.

La police a interrogé le couple deux fois durant la soirée. Ensemble, puis séparément. « Vous êtes sûrs de ce qui s’est passé? », reconstitution, etc. Ce n’est que le lendemain que la femme découvre que les deux hommes étaient…. des policiers ivres qui n’étaient pas en service. Qui n’ont pas été emmenés au poste de police ce soir-là. Et il a fallu plus d’un mois pour que la dame obtienne une copie de son rapport de l’incident. Puisque le service a fait pression sur eux à plusieurs reprises pour qu’ils changent leur version, le couple poursuit la Ville.

La suite à lire bientôt : les déboires du service de police de San Francisco

 

C’est le printemps

Voilà une pauvre Bertha (nous avons la preuve que c’est bien Bertha et non Berthaud), qui a récemment pondu un oeuf, en plein jour, en plein milieu de la fontaine cascadante, en plein milieu du jardin de roses!

Pourquoi ne pas aller dans l’herbe folle et verte, qui a poussé en raison de l’hiver pluvieux, pour y faire un nid?!

Le lendemain, il n’y avait plus de trace d’oeuf, ni même d’omelette….

bertha-couvade