C’est le racisme, stupide!

Vous vous souvenez peut-être que l’ancien conseiller de Bill Clinton, James Carville, qui avait lancé la phrase « L’économie, stupide », pour que les stratèges démocrates se rappellent facilement sur quoi ils devaient mettre l’accent.

Eh bien, l’élection de Donald Trump, c’est le racisme, stupides américains. Nous avons la preuve incontestée, alors que nous avons appris la semaine dernière que son stratège et conseiller principal est Stephen Bannon, ancien président du CA de Breitbart News, un site de nouvelles d’extrême-droite. Vous allez souvent voir la mention « droite alternative », ne tombez pas dans le piège de cette désignation inoffensive : cette droite est résolument d’extrême-droite, fascisante et fière de l’être. Ce sont des néo-nazis, point à la ligne.

En mars, le site Breitbart News avait publié un article intitulé « Guide de l’establishment pour comprendre la droite alternative (An Establishment Conservative’s Guide to the Alt-Righ) dans lequel il était mentionné sans ambiguité : « La droite alternative croit qu’un certain degré de séparation entre les peuples est nécessaire à la préservation d’une culture. » Une autre figure de proue de ce mouvement, Richard Spencer, a indiqué, dans une entrevue accordée à Mother Jones, qu’il croyait que la population blanche des États-Unis est en danger en raison de l’immigration et du multiculturalisme et il prône l’instauration d’un genre d’ « empire romain renouvelé », où le critère pour être citoyen serait d’être blanc (les blancs juifs seraient aussi inadmissibles à la citoyenneté). Il précise sa pensée : « Je pense que si Trump gagne, nous pourrons de manière légitime dire qu’il est directement associé à nous, avec le mot en R [raciste], les gens devront nous reconnaître ».

Après Bannon, celui qui est pressenti pour devenir procureur général des États-Unis, Jeff Sessions, a été refusé (par des républicains) pour être juge de district 1986 pour cause de racisme, qui compromettait l’impartialité attendue d’un juge. Il est contre toute régularisation des immigrants « illégaux », contre le mariage homosexuel, contre l’avortement. Avec un tel procureur, tous ceux qui ne sont pas des blancs mâles hétérosexuels peuvent craindre de voir leurs droits fondamentaux attaqués.

Bref, je ne vous ferai pas un résumé de toute cette brochette de politiciens de l’extrême-droite américaine qui fera partie de l’administration Trump, d’autant plus que ce cirque n’est pas terminé, mais je pense que bon nombre d’Américains ont fait semblant de voter Trump pour des raisons économiques, alors que le nœud du problème, c’est le racisme.

Vous croyez que j’exagère? La semaine dernière, Spencer et ses petits amis ont scandé « Heil Trump! » en faisant le salut hitlérien à Washington! En septembre, la présidente d’un comité pour l’élection de Trump d’un comté de l’Ohio a démissionné après avoir dit à un journaliste du Guardian, le quotidien britannique, « qu’avant l’élection d’Obama il n’y avait pas de racisme »; « si, depuis 50 ans, vous êtes noir et que vous n’avez pas réussi c’est de votre faute »; « nous avons trois générations [de noirs] qui ont des enfants hors-mariages, les enfants ne finissent pas l’école secondaire, quand prennent-ils leurs responsabilité pour la manière dont ils vivent? Je pense qu’il est plus que temps et c’est bien que M. Trump le mentionne. »

Bref, si ce n’était de l’élection de Justin Trudeau l’an dernier, je croirais que tout ce qui est un pays développé semble virer à droite. Sur le banc des accusés se trouve le Québec de Philippe Couillard, qui applique le programme de la CAQ alors qu’on lui a rien demandé; la France, ensuite, qui semble encore se diriger vers une élection de type « votons le moins pire (François Fillon, de droite, catho, anti-gai, etc) ou le pire (Marine Le Pen, d’extrême-droite) » ; la Grèce, la Pologne, la Hongrie, même le Royaume-Uni et son Brexit parfumé de racisme.

Il y a des moments où c’est difficile d’être social-démocrate, mais il ne faut pas lâcher. Jusqu’à la victoire, toujours!

Ce contenu a été publié dans Uncategorized par Jackie. Mettez-le en favori avec son permalien.

A propos Jackie

Jackie Waterman est tombée dans la soupe à l'alphabet à l'age de 6 ans. D'abord journaliste, puis désormais traductrice de l'anglais vers le français, elle quitte le Québec pour s'installer à San Francisco en 2013. Ce pseudonyme est un discret hommage à l'antihéros Jack Waterman du roman Volkswagen Blues du romancier québécois Jacques Poulin.

Laisser un commentaire